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18 entreprises de l’artisanat local se frottent les mains. La Direction du matériel et du transit administratif (Dmta) leur a attribué 15% de la commande publique en mobilier. Ce qui a permis à ces professionnels du bois d’engranger un chiffre d’affaires de 449 millions 739 mille 568 francs Cfa. Tout de même, ils craignent que des hommes d’affaires, qui n’ont rien à voir avec la menuiserie, détournent le marché. Ils comptent tout mettre en œuvre pour pérenniser ce projet.

L’Organisation nationale des professionnels du bois (Onpb) dresse un bilan satisfaisant. Ce, deux ans après que la Direction du matériel et du transit administratif de l’Etat (Dmta), sur instruction du président de la République, a ordonné qu’une partie de la commande publique leur soit attribuée. «Au total, 18 entreprises nationales sont at­tributaires de ce marché du mobilier national. Ce qui représente un chiffre d’affaires de 449 millions 739 mille 568 francs Cfa pour ces entreprises», se réjouit Masseck Diop, président de l’Onpb. «Les retombées de ce marché de fournitures du mobilier et de matériels d’appoint resteront entre les mains des Sénégalais. Cet argent va toucher les menuisiers bois, métalliques, le tapissier du coin, le quincailler, le vendeur de tissu, le matelassier et même la vendeuse de cacahuètes installée à côté du menuisier», se vante M. Diop.

Des individus haut placés veulent s’enrichir de cet argent
L’espoir des artisans du bois commencent à renaitre, mais ils restent vigilants. Ils craignent que ce projet soit détourné au cours des prochains mois au profit de certaines personnes qui n’ont rien à voir avec la menuiserie. «Nous estimons jusqu’ici, que les choses se déroulent normalement, mais nous devons ouvrir les yeux sur le marché du mobilier national, car dans un passé récent, il a servi à enrichir des individus haut placés dans certaines structures de l’Etat et homme d’affaires», alerte Masseck Diop.
Le coordonnateur de l’Opnb, pour sa part, demande à ses collègues plus de professionnalisme et de rigueur pour être compétitifs. Il estime en outre, que ces hommes d’affaires qui n’ont rien à voir avec la menuiserie, s’ils remplissent les critères d’attribution de marché, la loi leur permette aussi de postuler. Mais le président de l’Opnb n’en démord pas, il promet de veiller au grain pour que ce projet soit pérennisé, afin de mettre les artisans au cœur de l’émergence économique et sociale. Il souhaite mobiliser les membres en vue d’une sensibilisation pour le respect des engagements de tout attributaire dans les délais requis. Mais aussi la livraison de produits de qualité et la régularisation des entreprises vis-à-vis des services fiscaux pour être en mesure de prétendre à d’autres marchés.
Autre souci de l’Onpb, la précarité des ressources forestières et les menaces qui pèsent sur elles. Rappelant les chiffres, il cite la Fao qui a révélé que chaque année, 45 mille hectares sont détruits. «Une déforestation rapide qui risque de semer le chaos sur les économies», soutient-il. Or, relève M. Diop, en tant producteur, nous dépendons largement de la ressource qui est notre produit de base. Pour cette raison, l’Onpb s’engage aux côtés du ministère de de l’Environnement dans la gestion durable des ressources forestières de faire la naturalité avec comme slogan un hectare de terre dégradé, un hectare de terre reboisé. Il va lancer une campagne nationale de sensibilisation dénommée caravane du mobilier national. Une caravane qui va sillonner le pays pendant 15 jours.

Les professionnels du bois réclament des terres à Diamniadio

L’Organisation nationale des professionnels du bois réclament des terres. «A Dakar, il n’y a pas un endroit réservé aux artisans. Et c’est pourquoi, il y a des incendies partout», relève Masseck Diop, président de l’Onpb. Faisant référence au Parc Lambaye de Pikine qui a pris feu récemment. «Les artisans, les commerçants et tous les corps de métiers dits informels se retrouvent à exploiter des espaces réduits et quand il y a catastrophe, les dégâts sont énormes. Les urbanistes prévoient des hôpitaux, des mosquées, des habitations et autres, mais jamais de sites pouvant abriter les artisans au Sénégal. Le président Senghor avait créé la Sodida qui est une zone franche. A Diamniadio, on a prévu tout le monde sauf nous. Nous voulons des terres dans cette nouvelle ville», tonne Massek Diop

ndieng@lequotidien.sn

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