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«Des pans importants de notre économie ne sont pas encore correctement fiscalisés.» C’est le constat fait par le ministre des Finances. Pour Amadou Ba, il s’agit des micro-entreprises. Conscient de la culpabilité de ces dernières, le ministre des Finances opte pour une approche pédagogique au lieu de favoriser la répression qui est contreproductive. «La stratégie consiste à les habituer au paiement de l’impôt (…) la pédagogie s’avérant plus appropriée que la répression», a-t-il détaillé. Par ailleurs, même si le Sénégal aura un budget record en 2019, «il ne faut pas perdre de vue que les marges de progression en matière fiscale se rétrécissent de plus en plus», souligne le ministre. En d’autres termes, «la mobilisation des ressources fiscales entre progressivement et inévitablement dans une phase de progression moins rapide», a précisé Amadou Ba, lors du débat d’orientation budgétaire où il a présenté le projet triennal du gouvernement.

Plan triennal 2019-2021
A ce titre, une progression des ressources de 9,4% en valeur relative sur la période 2019-2021 est attendue par rapport à la précédente époque. Selon Amadou Ba, les recettes fiscales sur cette période seront en hausse de 0,9% en valeur relative, soit 625,6 milliards. Le constat est le même pour les recettes non fiscales. Elles «seront en accroissement de 8,1%». Une baisse des dons budgétaires de 28,8 milliards, soit 17,14% en valeur relative en raison de l’arrivée à terme de certains appuis budgétaires. D’après toujours Amadou Ba, 194,4 milliards sont prévus pour des recettes exceptionnelles. Les ressources extérieures destinées au financement de l’investissement, ainsi que les ressources des comptes spéciaux du Trésor seront en hausse respectivement de 1185,7 et de 409,6 milliards. «Les dépenses en capital vont connaitre une hausse de 440,7 milliards sur la période 2019-2021 ; mais aussi les dépenses courantes de 267,7 milliards pour renforcer les crédits alloués aux universités au titre de l’application du régime complémentaire de retraite des enseignants du supérieur, aux bourses d’études et aux œuvres universitaires», a expliqué le ministre des Finances. Avant de préciser que sur les dépenses du personnel, c’est une hausse de 375,3 milliards qui est prévue pour prendre l’impact budgétaire de la mise en œuvre des accords conclus avec les syndicats de l’Education, de la Santé et de la Justice. Il a en outre estimé que «les charges des comptes du Trésor connaîtront aussi une hausse de 22% imputable à l’impact budgétaire du régime complémentaire de retraite du personnel cotisant au Fnr et à l’augmentation des ressources allouées au compte de prêts».

5963,4 milliards mobilisés depuis le Groupe consultatif de Paris

Le ministre de l’Economie, des finances et du plan, a indiqué samedi, lors des Débats d’orientation budgétaire (Dob), que depuis la tenue du Groupe consultatif de Paris en 2014, le Sénégal est «à 5963,4 milliards de financements mobilisés auprès des mêmes bailleurs, soit un taux de réalisation de 160%», dépassant largement les engagements pris lors de ce grand rendez-vous, évalués à 3729 milliards de francs Cfa.
mgaye@lequotidien.sn
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