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Tous les couturiers et créateurs de mode du Sénégal se sont donné rendez-vous ce dimanche au Grand Théâtre. Dans une salle pleine à craquer, leur présidente, Sadiya Guèye, a porté les doléances de son secteur au ministre de tutelle Mamadou Talla qui, pour respecter le protocole, est resté muet tout le long de la cérémonie.

Venant des 14 régions du Sénégal,  les couturiers ont répondu massivement à l’appel de leur présidente, Sadiya Guèye, dimanche dernier au Grand Théâtre. En présence de Mamadou Talla, ministre de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat et de Mbaye Ndiaye, ministre d’Etat, la présidente des couturiers et créateurs associés du Sénégal, Sadiya Guèye, s’est fait porteuse des doléances de son secteur. «Ziguinchor, Kolda, Tamba, Ourossogui, Louga, Dagana Podor, Matam, Sé­dhiou, Tamba, Fatick, Diour­bel, Kaolack, Fatick, Thiès, Saint-Louis, Matam, Kolda, Tamba…tous jusqu’aux coins les plus reculés sont là. Nous sommes tous là, nous sommes tous mobilisés, parce que nous tenons à vous dire les choses qui nous tiennent à cœur et à vous faire part de nos doléances», a fait savoir Mme Guèye s’adressant aux deux ministres Mbaye Ndiaye et Mamadou Talla. «Nous sollicitons monsieur le ministre d’Etat, monsieur le ministre, un renforcement de capacités et des formations pointues. Nous voulons que l’Etat prennent des mesures face aux Asiatiques qui copient tout sur nous et revendent à vil prix. Nous voulons que nos membres participent aux salons internationaux pour y vendre leurs produits et exporter leurs talents et savoir-faire. Il nous est très difficile d’accéder aux financements, nous souhaitons obtenir un meilleurs accès à ces financements. Nous voudrions aussi une baisse de la fiscalité sur les machines et des matériaux de pointe pour être plus compétitifs et efficaces dans notre travail.»
Mis à part la formation, l’accès aux financements, la baisse de la fiscalité sur les machines et la dotation en matériaux dernier cri, la directrice du complexe Sadiya couture a également sollicité que tous les démembrements de l’Etat se mettent désormais en tenue traditionnelle, ne serait-ce qu’un jour de la semaine. «Pourquoi on n’exigerait pas à l’Etat et à ses démembrements le port obligatoire de boubou traditionnel, un jour de la semaine ? Nous voulons vraiment que ça soit concrétisé pour permettre à nos couturiers d’en bénéficier. Et à propos des 15% de la commande publique, nous voulons que les couturiers locaux en récoltent tous les fruits et qu’on ne vienne plus leur faire de la sous-traitance», ajoute-t-elle. Espérant par ailleurs qu’à l’instar des artistes plasticiens, les couturiers aient un endroit pour exposer leurs produits et créations afin que les autorités venant des pays étrangers y passent et découvrent la légendaire élégance sénégalaise.
Suite à sa présidente, Amadou Diop de Da Fashion, chargé de la Couverture maladie universelle (Cmu) et de la coopérative d’habitat, a formulé d’autres requêtes à son ministre Mamadou Talla. «Les frais pour la Cmu étaient de 7 000 francs Cfa. Les 3 500 francs ont été pris en charge par le président (de la République), le ministre de la Culture a pris les 2 000 francs. Nous sollicitons M. le ministre que vous veniez en aide aux artisans et que vous preniez en charge les 1 500 restants. En ce qui concerne la coopérative d’habitat, les couturiers sollicitent une cité spécialement dédiée. Nous avons vu la cité des ministres, la cité des fonctionnaires, cités des gendarmes. Pourquoi pas la cité des couturiers ?»
Des sollicitations qui resteront sans réponse. Puisque le ministre de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat, Mamadou Talla, n’a pas pris la parole pour respecter le protocole.
aly@lequotidien.sn

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