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Des acteurs de la mode et du design ont débattu hier sur les difficultés qui empêchent le bon fonctionnement de leur secteur. Ils pensent qu’il y a du talent, de la créativité, mais il leur manque les moyens, l’accompagnement du gouvernement. Aussi prônent-ils l’union de tous les acteurs afin d’être compétitifs.

Des acteurs de la mode, du design en collaboration avec le Musée Théodore Monod et le ministère de la Culture, ont tenu hier une rencontre portant sur les problèmes et perspectives de la mode au Sénégal. Ce, dans le but de trouver des solutions pour que ceux qui s’investissent dans ce métier, puissent l’exercer sans aucune difficulté dans le futur. Du côté de la mode, c’est-à-dire créativité, couture, habillement, les nombreux problèmes qui gangrènent le secteur ont été énumérés. Ils sont, entre autres, le déficit de formation de ceux qui la pratiquent, l’absence de l’accompagnement du gouvernement, le manque de matière même si la créativité est là, «il n y a pas d’usine de textile, ni de filature», la question de la propriété intellectuelle, l’impuissance du gouvernement à protéger leurs œuvres etc.
«Ce sont des designers africains que les gens prennent sans payer de droit. Pourquoi ? Parce qu’on l’a créé et on ne sait pas qui est le premier à l’avoir créé. Ce n’est pas facile de créer des choses et d’avoir les moyens de les protéger. La mode bouge énormément au Sénégal, c’est pourquoi dans la sous-région nous sommes très copiés. Nous créons beaucoup. La créativité du Sénégal est connue un peu partout. Mais nous n’avons pas les moyens de les protéger ça coute cher», déplore la styliste Sadiya Guèye. Quid des perspectives ? Selon Mme Guèye pour être compétitif, il faut recadrer les choses car dans ce métier «99% sont dans l’informel, c’est un laisser-aller. Il faudrait que l’Etat puisse revoir le fonctionnement des choses, afin que les entreprises puissent avancer». Il faut, mentionne-t-elle, avoir tout sur place pour être compétitif et avoir un cadre de concertation entre stylistes pour pouvoir avancer. L’implication des medias a également été souhaitée.

Un jour pour le consommer local
«Personne ne peut se battre à notre place. Tout ce que nous pouvons faire c’est de nous réunir. Il faut également en dehors du vendredi, instaurer un jour où tout le monde va porter des vêtements faits au Sénégal», préconise-t-elle. «Ce qu’on est en train de faire, c’est d’aller vers les créateurs dans toutes les régions du Sénégal et voir ce qu’on peut faire ensemble. Il faut que les gens puissent faire leur formation et c’est à nous de nous organiser, de faire en sorte que l’Etat puisse nous aider. Car, séparément on ne peut pas avancer. Il faut qu’on s’unisse», insiste Sadiya Guèye. La présidente des couturiers et créateurs associés du Sénégal informe également qu’à la fin de ce mois d’avril, il y aura des activités qu’elle et ses camarades vont organiser pour booster le secteur.
Evoquant le design coté meuble, décoration, menuiserie, tapisserie, de l’artiste plasticienne Joëlle le Bussy Fall, également professeur de design à l’université Gaston Berger de Saint-Louis affirme que «le design n’est pas trop connu au Sénégal à part une petite niche». Pour elle, le design n’est malheureusement pas reconnu comme un vecteur économique et jusque-là, il y a peu d’écoles de savoir-faire, peu d’enseignants, peu de transfert de compétences, peu de recherche, de créativité, pas d’accompagnement du gouvernement. «Tout reste sur le dos des designers», fait savoir cette spécialiste en meubles et objets en bois précieux d’Afrique. De son avis, il n’existe d’ailleurs pas dans ce secteur, une valorisation du made in Sénégal. «Pendant 15 ans il n’y a que les étrangers qui achètent le made in Sénégal. Mais depuis 5 ans, ça commence a changé, le public designer devient sénégalais. C’est lent mais ça vient», dit-elle, proposant aux acteurs du secteur de se battre ensemble pour y remédier et que l’Etat ait une vision sur tout ce qui est création.

Stagiaire

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