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Pendant 21 jours, ils ont monopolisé la parole et sollicité l’écoute du peuple. Nous avons tendu l’oreille à leurs discours, braqué nos yeux sur leurs images. Parfois avec un ton violent, de l’humour et de la bonne humeur, les candidats ont tout fait pour capter notre attention. C’est le charme d’une campagne électorale et de la liberté. Celui de la démocratie tout court. C’est le moment où nous avons senti que la télévision était finalement «nationale», que le service était réellement «public». C’est maintenant, que nous avons le sentiment que les candidats pensent aux paysans, éleveurs, pêcheurs, artisans, fonctionnaires, vendeurs de cacahuètes, étudiants, commerçants… Par la loi, nous avons mis à votre disposition tous les moyens matériels (sécurité, impressions, propagande) pour vous faire entendre, comprendre et tenter de nous convaincre. Au nom de l’équilibre et de l’équité -très difficile à faire qu’à dire- les médias ont, tant bien que mal, relayé vos messages pour permettre au citoyen de faire un choix avisé. Descendez maintenant de vos véhicules, rangez vos armes, dégagez vos nervis et soumettez-vous au choix du peuple. C’est son heure.
Ah, ce grand Peuple ! Cette majorité silencieuse, qui peut être bavarde le jour du scrutin. Dimanche, il reprend sa voix et choisira sa voie. Ce peuple, au singulier, est aussi pluriel. Ce n’est pas seulement ceux-là qui peuplent les meetings, les caravanes, les partis ou coalitions, les médias. Ce sont ceux-là qui ont retiré leurs cartes d’électeur, qui écoutent les radios, regardent les télés, lisent les journaux, cliquent sur les sites internet et attendent le Jour J. Ce citoyen détient la véritable arme- pas de coupe-coupe, de pistolet, de gourdin- qui mettra ou enlèvera un Président. On peut dire que c’est son temps d’antenne, qui durera 12 heures. Il va parler à ceux qui se sont adressé à lui pendant trois semaines et qui seront, à leur tour, à son écoute. Qu’est-ce qu’il est précieux en ce moment, ce Peuple !
Après toutes ses analyses, ses sondages, ses élucubrations, il y a ce vrai bulletin- de vote et non météo- qui va annoncer s’il y a un vent de changement ou un air de continuité. Il ne reste qu’à rappeler aux cinq prétendants que le monde, qui loue notre système politique, notre culture de la paix et de la stabilité, nous observe. A vous candidats, jouez la carte de la paix et du fair-play. A vous, non-candidats et promoteurs de la violence, ne jouez pas avec le feu et ne brûlez pas le pays. Il y a une vie après le scrutin. Il y a une vie hors du Palais et sans les ors des ministères. Et surtout, la vie ne s’arrête pas à un seul scrutin. L’ancien Président Wade avait dû attendre 26 ans, avant de voir arriver son heure. Et il a su saisir sa chance quand elle s’est enfin présentée. Comme dirait l’autre, il n’y a pas de destin forclos à cause d’une élection. Donc, tous, à vos cartes, prêts, votez !
Ce 24 février, c’est aussi le 16ème anniversaire du journal Le Quotidien. Lecteurs et annonceurs, vous nous avez permis d’être encore là et de pouvoir fêter cette heureuse coïncidence avec le scrutin. C’est un honneur puisque, cette fois-ci, c’est tout un peuple qui va fêter avec nous. Quel que soit l’heureux élu. Le seul vœu que vous pourrez émettre pour nous, en guise de cadeau d’anniversaire, c’est qu’en plus d’un scrutin apaisé, nous puissions nous retrouver dans 16 ans, pour fêter nos 32 ans, et célébrer la maturité et la Démocratie dans notre pays.

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