PARTAGER

Passés les chamboulements sociaux et les pertes sèches engendrés par le dernier référendum, passées les peurs nées de la crise gambienne et, à peine revenus sur notre triste actualité ponctuée par la crise scolaire et universitaire, les tragiques faits divers de notre inquiétante insécurité, les échecs cuisants de notre diplomatie de voisinage et les approximations de nos administrations juridiques, les joutes politiques prochaines détournent à nouveau la quasi-totalité de la classe politique sénégalaise du quotidien du  contribuable et, de plus belle, les invectives politiciennes et toutes sortes de surenchères rythment comme presque naturellement le temps qui nous sépare des élections législatives de 2017 et de la Présidentielle de 2019.
Les populations retournent, inexorablement, dans le silence auquel les contraignent les difficultés du quotidien. Un silence assourdissant que ne peuvent hélas entendre, ceux qui sont déjà dans la guerre de postes, ouverte par les échéances législatives et exécutives des échéances prochaines. Les intérêts primordiaux du pays sont mis de côté, la priorité est ailleurs, semble-t-il nous dire ! Constat : nous sommes l’un des rares pays pauvres où le politique vient avant l’économique.
En analysant cette (triste) parenthèse qu’engendre cette longue inactivité économique, les esprits lucides se rendent compte très vite que c’est là, notre mal premier.
Tout cela consacre une certaine faillite des générations des classes de politiciens des indépendances à nos jours… et exige de notre génération une nouvelle façon de faire la politique, un renouveau qui doit nécessairement commencer par l’écoute du Peuple dans la gestion des affaires de la cité. Ce peuple crie et se débat en permanence mais peu d’entre eux y font attention.
La solution est semble-t-il, de recentrer les choses et de mettre le citoyen au centre de tout. Puisque quand le politique échoue, notre conviction demeure que le citoyen doit reprendre la main pour impulser les changements souhaités. D’où la pertinence de la préoccupation d’Al­ternatives citoyennes. Il nous faut aller à un pro­ces­sus  transformationnel qui doit d’abord prendre en compte ceux qui doivent le conduire, les citoyens, de la famille à la nation. Nous devons donc travailler prioritairement sur le leadership devant conduire ces changements tant attendus.
Une transformation à grande échelle est nécessaire pour éviter un pourrissement. A cet égard les plages de la société civile doivent s’élargir, ces organisations doivent se peupler et davantage s’unifier. La responsabilisation des mouvements émanant des organisations citoyennes doit être effective si notre Etat veut véritablement atteindre sa cible et espérer la faire évoluer dans le sens de la marche vers l’émergence. Cela est attendu par les populations. Notre avis est que ceux qui parviendront aux meilleurs résultats seront ceux qui s’activeront à donner la bonne direction. A ceux qui feront les réformes de structure, bref à ceux qui touchent à la lame de fond et non ceux qui chercheront à diriger tout de suite sans avoir donné aux esprits, les moyens de leur conversion et de leur adaptation à de nouvelles exigences que sont la solidarité, la participation démocratique, l’environnement, la transition énergétique, la transformation de l’économie commandée par les Tic, la nouvelle approche sur la sécurité à laquelle nous forcent les fléaux de l’obscurantisme religieux et idéologique, en somme, le changement de paradigme d’un monde devenu globalisé.
Le sens de l’intérêt général et le civisme doivent aujourd’hui, plus que  jamais, être réaffirmés. La complexité des nouveaux défis de nos sociétés est à ce prix. Dans cette optique, le choix des personnes et la patience seront des atouts importants.
Le mouvement Alternatives citoyennes souhaite porter promptement cette idée qui conforte la thèse que la culture de la citoyenneté est le remède pour changer fondamentalement et durablement notre pays.
A tous les engagés dans le vaste combat politique, sachons faire preuve d’écoute et de d’altruisme.
Ecoutons tous, écoutons plus attentivement le silence de nos sociétés dans ses composantes les moins représentées, de ces groupes de jeunes qui ne sont pas représentés ; de ces pans entiers pas assez entendus  de ruraux, de ces femmes oubliées…. Ecoutons le silence assourdissant de ces pauvres victimes de vos guerres de postes !

Babacar BA
Président Alternatives citoyennes
babacarba200@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here