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Le dialogue politique doit être structuré de manière à donner à toutes les parties la possibilité d’y contribuer. Nous devrons également mettre l’accent sur un nombre restreint de questions qui peuvent être abordées de façon réaliste, dont l’une des plus fondamentales est l’audit du fichier électoral.
Les nombreux couacs notés lors de ces dernières Législatives de juillet 2017 ont fini par installer la défiance des acteurs de l’opposition vis-à-vis du pouvoir en place et cette situation continue de creuser le fossé entre les différents acteurs et installe le pays dans une crise ambiante.
La stabilité de notre pays et la quiétude de nos populations sont des exigences démocratiques que nous devons tous travailler à consolider, pouvoir comme opposition. Il s’y ajoute qu’à l’analyse de certains faits factuels, nous n’avons d’autre choix que d’aller vers ce dialogue nécessaire et crucial pour se donner les moyens d’aller vers la prochaine Présidentielle de 2019 de façon sereine et crédible. Cela passera par un certain nombre d’engagements consensuels que nous devons mettre sur place.
Ainsi, ce dialogue politique devrait permettre un audit indépendant du fichier électoral afin de rectifier les nombreuses erreurs notées lors des dernières échéances et donner à tous les acteurs la garantie de la fiabilité du processus électoral afin de «compétir» d’égale valeur. Ce dialogue politique permettrait également de régler d’autres problèmes politiques comme l’empêchement en vue de plusieurs candidats ayant maille à partir avec la justice et qui s’estiment écartés à dessein. C’est le cas du maire de Dakar Khalifa Sall, en détention préventive depuis plus de 7 mois, et du fils de l’ancien Président Wade, Karim Wade, candidat déclaré du Pds aux prochaines élections.
A date, la stratégie commande d’aller vers le dialogue politique pour lever un certain nombre d’écueils pour permettre à tous les acteurs de pouvoir participer sereinement à cette Prési­den­tielle de 2019. L’idée du boycott est loin d’être pertinente si l’on sait les urgences de l’heure pour redresser notre pays et le propulser vers des lendemains meil­leurs, au profit de nos populations qui se débattent encore dans la pauvreté dans leur majorité.
Pour rappel, la récente nomination du frère du président de la République à la tête de la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) laisse de nombreux citoyens perplexes. La Cdc est l’institution censée recevoir les cautions des candidats aux élections dans notre pays et doit délivrer des attestations de paiement de cette caution pour permettre aux candidats de valider leur dossier auprès du Conseil constitutionnel. S’il est encore agité l’idée que le fils Wade doit, au titre de sa condamnation par la justice, 113 milliards de francs Cfa à l’Etat du Sénégal, il ne serait point étonnant de voir sa caution confisquée et sa candidature invalidée à terme. Les dirigeants du Pds et ses nombreux sympathisants doivent anticiper sur cela et ne point faire l’erreur de faire l’économie de cette discussion cruciale. Un dialogue politique pourrait venir à bout de ces nombreux empêchements en vue et il appartient aux acteurs politiques de saisir cette opportunité et de défendre leurs intérêts.
Pour rappel, dans un passé très proche chez notre voisin ivoirien, c’est par le dialogue politique que l’actuel Président Ouattara avait obtenu du Président en exercice d’alors, Laurent Gbagbo, la signature d’un accord politique, en Afrique du Sud, qui lui permettait de se présenter à la Présidentielle, alors que la Constitution l’en empêchait ; d‘où l’impérieuse nécessité pour nous autres de l’opposition de dialoguer avec le pouvoir en place pour garantir la viabilité du processus électoral en vue de la Présidentielle de 2019. C‘est un impératif.
Un dialogue politique fructueux doit se terminer par une série d’engagements que toutes les parties tiennent à concrétiser. En revanche, rien de grand ne peut se construire dans la surenchère verbale, la violence de rue et le défi à l’autorité. Seul le dialogue serein permet de trouver et d’apporter des solutions durables aux problèmes. Si l’opposition sénégalaise prend le risque d’aller à la prochaine Prési­dentielle de 2019 sans audit indépendant du fichier électoral, ce sera peine perdue. C’est pourquoi je lance ici un appel solennel aux forces vives de l’opposition de discuter et de s’accorder entre elles sur l’essentiel afin d’amorcer ce dialogue politique nécessaire pour notre démocratie.
Babacar BA
Président Alternatives citoyennes
babacarba200@gmail.com

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