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Tu te souviens que lorsque tu avais fait des développements inacceptables, à mon sens, sur cette histoire de double nationalité agitée à l’époque par le régime, j’avais pris la liberté – par amitié me semblait-il – de te joindre au téléphone pour te marquer  mon désaccord car, te disais-je, toi, Madiambal, tu es perçu dans ce pays comme une référence ; donc celui qui ne peut pas se permettre d’aller dans le sens du pouvoir si ce dernier n’a pas raison.
Nous nous sommes d’autant plus compris que tu m’avais indiqué avoir toi-même des enfants ou en tout cas de la famille dans la bi nationalité.
Aujourd’hui, libre à toi d’attaquer Khalifa Sall, Abdoul Mbaye ou qui que ce soit. Tu n’avais pas besoin de t’en prendre à Barthélemy Dias, car tu ignores tout du dossier. Pour un homme qui a appartenu peu ou prou à la justice, tu ne devais pas te contenter d’a priori, de clichés, d’approximations véhiculées. Face à toutes tes affirmations, je suis disposé à te présenter des pièces contraires du dossier dont, une fois de plus, il ne t’a pas été donné de prendre connaissance.
Tu écris que B. Dias détenait «…une arme à feu sans autorisation légale…»  Eh bien face à cette affirmation mensongère du Parquet, nous avons fourni au Tribunal la preuve contraire. Donc c’est inexact de prétendre cela.
Tu écris qu’il soutient (tu peux considérer que moi avec et nous ne sommes pas les seuls) que s’il est poursuivi «…c’est simplement parce qu’il a eu à afficher des prises de positions opposées au régime du Président Macky Sall». Eh bien il a raison, car c’est vrai.
Sinon, explique-moi pourquoi, de 2012 à 2014, ceux qui devaient actionner n’ont pas cru nécessaire de le faire ? L’enquête était terminée depuis belle lurette. Pourquoi a-t-on attendu mars 2014 pour prendre une Ordon­nance de renvoi notifiée seulement en mai 2014, à la veille de la campagne pour les Locales ? La réponse se trouve en ce qu’à cette époque, il avait refusé de se présenter en coalition avec Bby, car certains membres sponsorisés par le pouvoir s’étaient clairement et ouvertement programmés – avec l’aval du pouvoir – pour prendre sa place de maire. L’essentiel du Ps de Dakar ayant préféré Taxawu Dakar, il a cru de son devoir d’aller avec eux. Et il a eu raison.
Dès cet instant d’ailleurs, il avait pris les devants pour écrire à ses 149 autres collègues députés pour les inviter à lever son immunité parlementaire dès saisine du Parquet. Les preuves sont là. Il est resté constant sur cette position unique dans les annales de l’Assemblée nationale. Son respect pour la justice et son souci de s’expliquer sont restés intacts. Il n’a jamais souhaité que la «procédure (soit) rangée aux oubliettes».
Triomphalement réélu en 2014 (vainqueur dans tous les bureaux de tous les centres de vote), il a fallu attendre… octobre 2016 pour que le Parquet se réveille et assigne sur ordre du pouvoir via M. Sidiki Kaba. L’année 2016, où Barthélemy Dias a soutenu et défendu l’idée selon laquelle le Ps, son parti, se devait d’avoir un candidat à la Présidentielle de 2019 tout autant qu’une liste aux Législatives de 2017. Mais cher ami, c’est ça la démocratie, c’est ça le jeu politique clair et une personnalité comme toi devrait défendre cette idée.
Tu dis qu’il a reconnu avoir «fait usage de son arme à feu le 22 décembre 2011 contre la victime, le nervi (sic) Ndiaga Diouf qu’il se vantait d’avoir tué». Tu as bien dit un «Nervi» (Cf. dictionnaire français) c’est-à-dire un homme de main, un sbire, un mercenaire (Cf. Macky Sall) chargé d’exécuter des basses besognes, un individu qui a quitté sa très lointaine banlieue pour venir participer, armes au poing, dont armes à feu à l’ attaque d’une institution publique comme la mairie. Imagines-tu justifier l’attaque d’un commissariat, d’une préfecture, d’un ministère etc.?
Je te renvoie aux différentes déclarations de notre ami Macky Sall, devenu Pr. Il a fait usage de son arme à feu ? Oui ; et heureusement sinon il finissait comme Talla Sylla ou Ismaïla Guèye (de la garde de Wade). Il a tué N. Diouf ? Non ! Car il ne l’a jamais cité ce nervi inconnu (contrairement à ce que tu avances) et le Parquet n’a rien prouvé d’autant que nul n’est tombé sur le champ de tir et aucune flaque de sang n’a été relevée. Diouf est mort peut-être, mais il appartient au Parquet de chercher et de trouver qui l’a tué. Si tu ne le sais pas, je te signale qu’il y a eu échanges de tirs. Les preuves ont été apportées au Tribunal et je te les tiens disponibles.
Quant à la déclaration, elle a été faite par quelqu’un qui venait de sauver sa vie d’une fusillade que ni toi ni moi n’avons vécue. La doctrine comme la jurisprudence indiquent bien que cela n’a aucune valeur juridique, surtout quand on sait que les nervis criaient qu’ils allaient attaquer mon domicile où Barth’ logeait. Sur cette question, les développements nécessaires ont été évoqués et tenus par écrit pour le Tribunal.
Donc tu ne peux pas avancer ce prétexte.
Tu parles de mort d’hom­me et «d’exi­gences lé­gitimes».
L’exigence légitime pour Barth’, c’était de défendre sa vie, celle de son personnel et celle des usagers. C’est au minimum de la légitime défense. Lui n’est allé trouver personne dans une institution de la République. Tu passes sous silence le fait que le maire Barthélemy Dias avait appelé la police (Wade le reconnaît- Cd à ta disposition si tu veux réécouter). En dehors du Commissariat central, il y a autour de la mairie : le commissariat de Dieuppeul, celui du Point E et celui de la Médina sans parler de la gendarmerie de Ouakam, frontalière à la Commune de Mermoz-Sacré Cœur. Tu trouves normal que la police ne soit pas venue ? Macky Sall n’avait pas trouvé ça normal ; voilà pourquoi il avait rendu l’Etat responsable de tout ça. Seul feu le commissaire de Dieuppeul était venu dans une petite voiture, avec un seul élément.
Voilà quelques éléments infirmant ton texte et, une fois de plus, je tiens chez moi à ta disposition tout le dossier, mais de grâce, sur B. Dias, ne publie plus rien sans fondement ni certitude.
Tu peux vouloir soutenir le pouvoir, moi je me suis physiquement, politiquement, intellectuellement, médiatiquement battu pour l’accession de ce régime au pouvoir.
Barthélemy a combattu Wade en payant le prix fort, ce qui a frayé le chemin à Macky.
Cordialement !
Jean-Paul DIAS

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