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Le gouverneur de la Bceao, Thiémoko M. Koné.

Dans l’Uemoa, les services financiers adossés à la monnaie électronique sont dans une évolution croissante. Malgré les défis à relever, 55 millions de comptes de monnaie électronique sont recensés dans la zone, mais d’après Mme Gisèle Kény Ndoye du Département de l’inclusion financière au sein de la Bceao, seulement 38% sont actifs.

Au moment où l’usage des cartes bancaires est en train de dégringoler, les comptes de monnaie électronique empruntent une pente ascendante. Gisèle Kény Ndoye du Département de l’inclusion financière au sein de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a fait état hier d’une évolution croissante des services financiers adossés à la monnaie électronique. «On a 55 millions de comptes de monnaie électronique dans l’Uemoa, mais seulement 38% sont actifs. Nous sommes à la moyenne au niveau mondial. La monnaie électronique contribue à hauteur de 28,6% au taux d’inclusion financière (55% en 2017 contre 14,3% il y a dix ans : Ndlr)», a indiqué Mme Ndoye. La responsable en charge de l’inclusion financière au sein de la Bceao introduisait le panel sur «Le développement des services financiers innovants : initiatives de la Bceao» dans le cadre d’un Forum de haut niveau sur les innovations technologiques au service de l’inclusion financière.
Par contre, l’utilisation des cartes bancaires recule. Une situation que le directeur général de Gim-Uemoa, Blaise Ahouan­tchédé, un des panélistes, explique par le fait que les jeunes sont maintenant plus friands de technologies, de smartphones. «Nous avons été rattrapés par cette population jeune qui n’utilise pas forcément la carte bancaire. C’est pour cela que le Gim a très tôt compris qu’il fallait élargir l’écosystème.» Comme autres raisons, M. Ahouantchédé évoque «le manque d’innovation, le modèle économique de la carte bancaire qui a également atteint ses limites». A son avis, «la carte est rattrapée par l’agressivité des opérateurs de téléphonie mobile comme Orange». Pour encourager l’usage de la carte bancaire, le patron de Gim-Uemoa plaide pour un renforcement du volet de la qualité de service de la sécurité car, explique-t-il, «tant qu’il n’y a pas de confiance dans l’usage, les usagers auront peur d’aller vers la banque. Donc il faut rassurer en ayant une bonne politique d’éducation financière».
Aujourd’hui, la zone Uemoa est dotée d’un écosystème diversifié avec une multiplicité d’acteurs. Ce qui a créé un cloisonnement dudit écosystème et une fragmentation des dispositifs.
Face à cette situation, assure Thiémoko Meyliet Koné, «la Bceao, dans son rôle de régulateur et de superviseur, a engagé plusieurs initiatives tant au niveau de la réglementation que de la modernisation des infrastructures de paiement». Le gouverneur de la Banque centrale liste entre autres «le démarrage, en 2017, de deux importants projets qui concernent, d’une part l’accès des institutions de microfinance aux systèmes de paiement, et d’autre part l’interopérabilité des services financiers numériques».
Le projet d’interopérabilité concerne les huit pays de l’Union, zone intégrée, système de paiement intégré pour permettre aux acteurs de l’Uemoa de se retrouver autour d’une plateforme pour la réalisation de transactions.
Ainsi, soutient le régulateur en chef de la zone monétaire qui présidait l’ouverture du forum, «la Banque centrale accorde une attention toute particulière aux répercussions que pourraient avoir toutes ces innovations sur l’exercice de sa mission fondamentale de garant de la stabilité financière et de protection des déposants. A ce titre, elle exerce une veille stratégique soutenue sur les modifications de notre environnement. Nous devons en effet veiller à ce que nos politiques et actions exploitent pleinement le potentiel des technologies financières, en supprimant les obstacles qui y sont associés, tout en maintenant des niveaux de risques acceptables pour préserver la confiance en notre système financier».
dialigue@lequotdien.sn

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