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Les épidémies peuvent constituer des sortes de révélateurs des capacités des autorités étatiques à contrôler et à gérer des épisodes de crise tout en élaborant des stratégies de protection pour le futur, a indiqué l’historien sénégalais, Mor Ndao. «L’une des facettes des épidémies réside dans le fait de renseigner sur la capacité des autorités étatiques à contrôler et à gérer les épisodes de crise mais aussi à se projeter pour le futur», a souligné le professeur Ndao lors d’un entretien avec l’Aps. «Tout n’est pas mauvais dans les épidémies bien que cette idée peut faire objet de controverse dans un contexte de pandémie du Covid-19 avec ses milliers de victimes dans le monde», a avancé le chef du département d’histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). «Ce sont les épidémies qui ont permis la médicalisation des sociétés, la création de l’école africaine de médecine de Dakar le 1er novembre 1918», a par exemple fait valoir l’enseignant chercheur.
Selon lui, le problème auquel les autorités coloniales françaises étaient à l’époque confrontées reposait sur le fait d’avoir un corps de santé colonial constitué de militaires dont la majorité avait péri lors de la Première guerre mondiale. Après la fin du conflit, il fallait procéder à la «médicalisation des sociétés», en procédant à la formation d’un «corps intermédiaire africain» dont la mission consistait à «colporter le message biomédical dans les milieux indigènes» dans lesquels des «réticences» étaient notées, a soutenu le professeur Ndao.
Il a souligné qu’en dépit des réticences notées dans les milieux indigènes, les autorités coloniales avaient été obligées de recruter, au niveau des lycées de Faidherbe et de Blanchot, la section préparatoire qui allait constituer en 1918 la première promotion de l’école africaine de médecine de Dakar.
Cet établissement d’enseignement supérieur accueillait de pensionnaires venant de tous les pays de l’Afrique occidentale française (Aof) qui suivaient une formation de trois ans pour devenir des médecins, des infirmières, a-t-il rappelé. Cette première promotion de l’école africaine de médecine de Dakar comptait parmi ses diplômés le Sénégalais Majhmouth Diop, l’Ivoirien Houphouët Boi­gny, la Guinéenne, Lofo Camara, ancienne ministre de l’Action sociale du Président Sékou Touré.

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