PARTAGER

La mortalité des entreprises est particulièrement élevée au Sénégal. Selon M. Nicolas Etoyi, enseignant en management à l’Université internationale de Dakar (Hec), une des raisons souvent liées à cette forte mortalité est l’absence de plans stratégiques.

Sous nos cieux, il n’est pas rare de voir des entreprises mettre la clé sous le paillasson au bout de quelques petites années d’existence. La mortalité est encore plus importante quand il s’agit de Petites et moyennes entreprises (Pme). Selon M. Nicolas Etoyi, enseignant en management à l’Université internationale de Dakar (Hec), si les raisons sont nombreuses, l’absence d’un plan stratégique de développement est déterminante. Il explique qu’en l’absence de stratégies de développement, les entreprises peinent à être concurrentielles. «Aujourd’hui, il faudrait que les entreprises sénégalaises reviennent sur les vraies questions et les vrais rôles de la science de gestion», souligne M. Etoyi qui s’exprimait hier en marge des «Doctorales du management», organisées par Hec Dakar.

Ces journées dédiées au management sont un moment de réflexion autour des sciences de gestion, mais surtout l’occasion pour des doctorants de présenter leur thèse à l’approbation d’un jury. «Il faut que l’entreprise sénégalaise se remette en question sur son rôle, son importance dans la sphère sociale et jouer son jeu dans la compétitivité. Quand la concurrence nous vient de l’Europe, elle est fracassante et on perd un peu. Je ne veux pas citer Auchan, mais je crois qu’il faut qu’on se demande ce qu’il faut faire. Et il nous faut un plan stratégique de développement et mettre en place une intelligence économique de développement pour que les Pme comme les entrepreneurs dans leurs activités puissent être concurrentiels et entrer dans le jeu de la mondialisation», souligne M. Etoyi. La vision prospective est importante. Elle doit être au cœur de la stratégie de l’entreprise, souligne-t-il. Mais là où le bât blesse, c’est que même si les entreprises arrivent à se doter de plans stratégiques, la mise en œuvre pose problème, contrairement à des pays comme la Kenya ou la Côte d’Ivoire. «Il faut mettre en place un plan stratégique sur trois ou cinq ans pour savoir par où commencer et quelles difficultés vous allez rencontrer. Au Sénégal on le fait, mais on ne l’applique pas parce qu’il y a des contraintes budgétaires, des contraintes liées à des considérations juridiques voire à l’aspect social», constate M. Etoyi qui préconise de réfléchir à une stratégie de management appliquée à son entreprise, à son produit, mais aussi au personnel.
Pour cette 13e édition des Doctorales, 6 soutenances de thèse sont prévues. Selon Mme Zoulaykha Salmi, directrice déléguée de Hec Afrique, ces six thèses portent sur différentes problématiques des sciences de gestion et du management. Présentées par des étudiants venant de différents pays, elles sont la preuve de la transversalité de cette école doctorale, selon Mme Salmi. «C’est un meeting des savoirs pluridisciplinaires et il y a des séminaires, des tables rondes, des conférences et des ateliers de formation. Les derniers jours sont consacrés aux soutenances», explique-t-elle. Depuis quelques années, l’école s’est dotée d’un observatoire de l’entreprise. Un projet innovant pour observer le comportement des managers et de la réalité économique du pays. «Le doctorat, c’est aussi un investissement dans un plan de carrière et avec les résultats de leurs recherches, nos étudiants se repositionnent dans un domaine avec l’expérience qu’ils ont acquise», souligne Mme Salmi.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here