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A sa façon, le journaliste culturel, Aboubacar Demba Cissokho, rend hommage à Mory Kanté en rappelant 10 de ses plus belles chansons dans son blog.

L’auteur-compositeur guinéen, Mory Kanté, décédé le vendredi 22 mai 2020 à l’âge de 70 ans, laisse un répertoire dans lequel il fait se croiser son héritage familial d’une longue tradition de conteurs, chanteurs, poètes et historiens, avec les influences que sa trajectoire lui a fait rencontrer et aimer. Retour sur sa carrière, en dix chansons.
«Icône de la musique africaine», «ambassadeur de la culture mandingue et gui­néen­ne», entre autres qualificatifs ont été utilisés ce vendredi 22 mai 2020 à l’annonce du décès, à l’âge de 70 ans, de Mory Kanté. Celui que certains critiques ont surnommé «le griot électrique» –certainement en référence au fait qu’il a joué avec la première kora électrifiée– a connu le succès planétaire grâce à sa reprise en 1987 du titre Yéké Yéké, un single vendu à des millions d’exemplaires.
Mais bien avant cette exposition hors des frontières du continent, Kanté, issu d’une famille de griots de la préfecture de Kissidougou, a fait ses classes au Mali, le pays de sa mère, Fatoumata Kamissoko, auprès notamment de sa tante, Manam­ba Kamissoko. Après un bref passage à l’Institut des Arts du Mali, il «se cherche» pendant environ trois ans avant d’intégrer en 1971 le Rail Band où officiait déjà un certain Salif Keïta. Mory Kanté y joue au balafon, l’instrument fétiche de sa famille. Il est ensuite deuxième voix.
C’est au sein de cette formation qu’il chante en 1975 les péripéties de l’exil de Soundjata Keïta (1222). Ce morceau peut être considéré comme la suite d’une première partie interprétée par…Salif Keïta en 1970. Là où Keïta a conté la prise de pouvoir de Soundjata, Mory Kanté, lui, rapporte comment, dans cette quête du pouvoir, le fondateur de l’empire manding avait été chassé et contraint à l’exil avec sa mère Sogolon. D’une durée de près de 28 mi­nutes, Soundjata s’ouvre sur le magnifique doigté du guitariste Djelimady Tounkara –qui en reste la ligne directrice– accompagné et habillé par les cuivres, dont le saxophone du génial Tidiani Koné, le chef d’orchestre.
Le Grenier de Kibili

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