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Membre du dialogue politique, le directeur exécutif de l’Ong 3D trouve que le dialogue national risque de conduire certains opposants dans un gouvernement d’union nationale à la fin des travaux. Une question pas à l’ordre du jour, précise Babacar Gaye de Suxali sopi qui toutefois n’exclut pas cette hypothèse.

Les travaux du dialogue national sont prévus pour 3 mois. A la fin, l’application des conclusions peut aboutir à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Pour Moundiaye Cissé, l’opposition qui participe à ce dialogue national s’achemine vers cette perspective. «Macky Sall a été élu sur la base d’un programme par les Sénégalais. Il soumet sa gestion aux membres de l’opposition présents au dialogue national. C’est une porte ouverte à l’entrisme, c’est-à-dire que cette opposition entre dans le gouvernement d’union nationale à la fin des travaux. Ce serait la logique. Cette opposition doit être conséquente. Entrer dans un gouvernement d’union, est-ce que n’est pas ce que les gens de cette opposition veulent ?», s’est interrogé M. Cissé, membre de la Société civile, actrice à la Commission cellulaire relative au dialogue politique.

«A la fin du dialogue, cette opposition ne pourra plus critiquer…»
Entrer dans un gouvernement, cette question n’est pas l’ordre du jour au courant libéral Suxali soppi, objecte Babacar Gaye, acteur au dialogue. Cependant, le responsable libéral précise : «Si demain, la gestion du pays nécessite l’implication de notre courant, nous n’hésiterons pas à prendre nos responsabilités à bon escient.» Depuis leur participation aux concertations dirigées par Famara Ibrahima Sagna, l’opposition constituée par Mamadou Diop Decroix et Cie est devenue moins acerbe envers le régime en place. «A la fin du dialogue, cette opposition ne pourra plus critiquer le pouvoir dès lors qu’elle devient comptable de la gestion de Macky Sall. Je comprends maintenant la position de Sonko qui ne participe pas au dialogue national, mais est présent au dialogue politique, en ce qui concerne son parti», ajoute M. Cissé.

Le tacle de Babacar Gaye à Wade
Une participation à ces concertations que Babacar Gaye assume. Sans citer de nom, il semble relever une contradiction dans les méthodes de Me Wade sur le dialogue national. «Pourquoi au Sénégal ceux qui discutent avec le pouvoir sont traités de corrompus ? Pourtant, d’autres qui ont refusé de discuter avec le pouvoir peuvent avoir des relations avec le pouvoir en dehors d’un cadre normé», souligne-t-il, faisant allusion aux retrouvailles Wade-Macky.

«Depuis Mathusalem, l’opposition n’a jamais été en un seul bloc»
Quoi qu’il en soit, l’opposition renoue avec ses vieux démons : la dispersion. Alors que les travaux du dialogue national reprennent ce matin à 10h au Building administratif Mama­dou Dia, l’équipe de Famara Ibrahima Sagna ne verra qu’une frange de l’opposition. Cette dernière s’est fragilisée au fil du temps à cause des options de part et d’autre. La dernière en date fut la décision du Pds de se retirer du Front de résistance nationale (Frn) dont l’essentiel des partis qui le composent sont acteurs au dialogue national. «Ce dialogue national crée des suspicions au sein même de cette opposition de façon générale. Mamadou Lamine Diallo et Mamadou Diop Decroix s’attaquent. Ils se soupçonnent et s’accusent mutuellement. Le Pds s’en mêle. Si l’opposition ne se concerte pas pour voir comment aller à ce dialogue, c’est une porte ouverte à son éclatement», prédit Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’Ong 3D,
Ses arguments sont battus en brèche par Babacar Gaye. L’ancien directeur de Cabinet politique de Me Abdoulaye Wade estime que l’opposition n’a jamais été unie en une seule entité. «Depuis Mathusalem, l’opposition n’a jamais été un seul bloc. Les partis qui ont décidé de participer au dialogue national ont leurs raisons. C’est normal que les autres trouvent des raisons de justifier leur boycott en s’attaquant aux participants au dialogue. Chaque parti politique est libre de ses choix politiques», a-t-il précisé au téléphone. Cepen­dant, M. Gaye appelle les hommes politiques à un «débat civilisé avec moins d’invectives, d’imputations gratuites et plus de respect pour les uns et les autres» car, dit-il, «aucune partie de la Nation n’a le monopole de l’éthique et de la responsabilité».

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