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Au Sénégal, malgré tous les efforts fournis par les acteurs des droits de l’Homme, le problème de la maltraitance des enfants persiste. En atteste le rapport de 126 pages, «Sur le dos des enfants» de  Human Rights Watch, publié il y a quelques jours. En marge du «Festival pour l’enfance» qui s’est tenu la semaine dernière à Dakar, Moussa Ndoye, coordonnateur du projet Usaid dans la commune de Fass-Gueule Tapée-Colobane, demande aux municipalités de prendre leurs responsabilités.

Le rapport de Human Rights Watch n’étonne pas les acteurs de terrain intervenant dans la question de l’enfance. «L’appro­che de Human Rights Watch (Hwr) ne nous étonne pas. Il y en a effectivement qui battent en brèche cet état de fait, mais je pense quand même, quelque part, que les acteurs sur le terrain ne peuvent que cautionner ce que Hrw a dit. C’est une vérité crue. Ce n’est pas facile à entendre, mais le constat est amer», a déclaré Moussa Ndoye lors du démarrage du premier Festival pour l’enfance organisé par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho). Mais l’essentiel pour le coordonnateur du projet Usaid de la commune de Fass-Gueule Tapée-Colobane, c’est de trouver une solution alternative qui puisse permettre d’éradiquer totalement la mendicité parce que la rue n’est pas faite pour les enfants.  «Il faudrait voir ce que Fass-Gueule-Tapée- Colobane est en train de réussir pour pouvoir dire en fait, le projet en lui-même constitue une alternative crédible et qui peut servir de Benchmark à d’autres structures communales pour pouvoir, peut-être, relever les défis. Et je pense qu’aujourd’hui, toutes les initiatives sont les bienvenues. Il ne s’agit pas simplement de dire que c’est l’Etat, mais l’Etat c’est nous. C’est nous qui devons faire en sorte de trouver des alternatives. Que les communes prennent leurs responsabilités pour dire que dans notre espace communale, il n’y aura plus de mendicité. Et si nous réussissons ce pari dans les différentes communes, je pense qu’on mettra fin à ce fléau des temps modernes qui ternit malheureusement notre image de marque.» Néanmoins,  Moussa Ndoye considère que l’Etat doit «prendre son courage à deux mains». Parce que, dit-il, «il y a une catégorie de personnes qui sont en dehors de la loi et qui exercent un tout petit peu leur pouvoir pour exploiter les enfants au vu et au su de tout le monde et les communes sont en train de trouver une voie idoine avec Usaid». Niokhobaye Diouf, directeur de la Protection des droits de l’enfant, au ministère de la Femme et de la famille, voit la question sous ce même angle.  Ce dernier reconnait que les lois sont insuffisamment appliquées et considère que la mise en œuvre de ces mesures doit impliquer la collaboration d’abord du gouvernement mais aussi des différents acteurs de la Société civile y compris les acteurs religieux que sont les associations de maitres coraniques, les fédérations et des acteurs communautaires. «Et c’est avec une bonne campagne de communication que nous pouvons arriver à une adhésion commune pour non seulement dénoncer ce phénomène mais aussi  pour y mettre fin. C’est une action de responsabilité collective», dit-il.

Stagiaire

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