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La décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est «un facteur d’accélération des tensions». C’est l’avis du professeur Babacar Diop, qui se prononçait hier lors d’une session de formation, sur le terrorisme au Conseil national de la jeunesse (Cnj).

La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem com­me capitale d’Israël a déclenché une réaction en série, mis le monde arabe dans une colère noire et indisposé la Commu­nauté inter­nationa­le. D’après le professeur Babacar Diop, cette décision «est un facteur d’accélération des tensions» dans la région du Moyen-Orient. Il explique : «Puisque déjà il y a un problème qui n’a pas été réglé, qu’est la reconnaissance de l’Etat de la Pa­lestine. Qui doit avoir les prérogatives, tout ce qu’un Etat doit avoir, avoir sa capitale respectée, etc. et ce n’est pas fait. Et ce sont des situations de ce genre qui alimentent le terrorisme.» L’ex-médiateur de l’Ucad, qui se prononçait hier, en marge d’une session de formation qu’il donnait aux jeunes au Conseil national de la jeunesse (Cnj) sur le terrorisme, pense donc, «qu’il faut faire attention, éviter les provocations, et être responsable». Face aux jeunes, il a insisté sur le fait que la crise «est un élément qui fait partie de notre vie, donc c’est notre destin de faire face aux crises. Mais, il faut l’intelligence et le respect», con­seille-t-il. Pour approfondir son exposé, il redonne l’exemple de la Palestine. «Quand on est malmené dans son propre pays où tout est fait pour empêcher la circulation des personnes, il ne faut pas être surpris qu’il y ait des flambées de résistance violente, et des formes de lutte désespérées», dira-t-il.
Répondant à la question de savoir si la religion peut être considérée comme un élément qui alimente le terrorisme, Pro­fesseur Bouba Diop soutient qu’on utilise la religion et d’autres formes d’expression idéologiques «pour justifier les interventions violentes. Les religions, on peut leur faire dire ce qu’on veut. Mais, le problème c’est qu’il revient aux éducateurs de choisir les passages positifs qui appellent au dialogue, au respect, et au pardon». Pour­suivant son propos, il insiste sur l’éducation. «Dans les livres religieux, il est créé des passages, qui peuvent être bien utilisés par des théologiens, des historiens, ou par de simples citoyens. Donc il faut les connaître et pour ça, il faut étudier», fait savoir M. Diop. A l’en croire, l‘éducation est très importante et constitue un défi pour les systèmes éducatifs et les médias. «On peut manipuler les gens, leur faire croire ce que l’on veut, mais il faut être vigilent. Donc c’est un dialogue permanent entre le système informel, celui formel, et le non-formel. Les familles ont leur rôle à jouer, l’Etat, les Ong, les syndicats, les associations d’une manière générale, le secteur privé, chacun doit jouer son rôle», martèle-t-il. Selon lui, c’est dans le cadre de ces interactions «qu’on peut trouver une stabilité relative». Au final, il pense qu’il est fondamental, pour éradiquer le terrorisme, d’investir sur l’éducation «qui est le facteur fondamental», la formation, l’analyse des crises, le renforcement des processus démocratiques dans le monde, la solidarité, le partage et le respect des diversités.
mfkebe@lequoidien.sn

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