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Le conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture et de la communication, Oumar Danfakha a présidé, dimanche dernier, la tombée de métier de la tapisserie «Confidence» de l’artiste-peintre Ibou Diouf. Une cérémonie organisée par les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès (Msad) pour rendre hommage à son ancien directeur adjoint décédé le 7 juin dernier.

Un mois après la disparition de Ibou Diouf, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès (Msad) ont procédé à la tombée de métier de la tapisserie «Confidence» de l’artiste-peintre, qui était en cours de réalisation sur métier. Ceci pour rendre hommage à son ancien directeur adjoint, un «grand peintre de l’art contemporain africain», estime le Directeur général des Msad. Selon Aloyse Ndam Diouf, il est quasi impossible au Sénégal de parler d’art contemporain et d’affirmation identitaire en ignorant Ibou Diouf, qui considérait que «l’art est total et l’artiste global». M. Diouf dressera le portrait du défunt Ibou Diouf pour faire savoir que l’artiste-peintre, «c’est l’histoire d’un brillant émule de l’Ecole de Dakar. Né en 1941 à Tivaouane, il est un ancien élève d’un autre seigneur de la toile, Papa Ibra Tall. Ibou Diouf a suivi une formation de cartonnier et de décorateur de théâtre. Il a créé également son atelier d’art dans les années 70 d’où sont sorties des centaines d’œuvres et plusieurs générations d’artistes formés».
D’ailleurs, poursuit le Dg des Msad, le Président Senghor, dans une lettre adressée à Ibou Diouf, après son départ du pouvoir, disait ceci : «Nous admirons beaucoup le grand peintre que vous êtes. Mieux, André Malraux, le grand écrivain français, vous admirait également.» Une affinité avec le Président Senghor qui avait fait, selon M. Diouf, que ce dernier l’avait nommé premier directeur adjoint de la Manufacture nationale de tapisserie (Mts) dont le poste était réservé à un artiste. «Un poste qu’il n’a jamais occupé, du fait que l’ancien Président a préféré par la suite, l’orienter vers le Théâtre national Daniel Sorano en qualité de décorateur.» Mais malgré cela, poursuit-il, «ses œuvres de peinture le lient aux Msad». En effet, explique Aloyse Ndam Diouf, «Ibou Diouf fait partie des artistes dont les maquettes ont été sélectionnées à la suite d’un appel à candidatures pour la réalisation en tapisseries. Il est l’auteur de 8 maquettes qui ont été réalisées en tapisseries dans les ateliers des Msad. A ce titre,  il fait partie des 20 artistes les plus tissés avec 32 réalisations en tapisseries dont les 4 maquettes ont épuisé leurs 8 éditions». Et M. Diouf de poursuivre pour citer ses tapisseries les plus célèbres : «Les Nuits de Thierno Almamy dont la tapisserie orne la salle des banquets du palais de la République, Rencontre royale de la collection Senghor, les Signaars, Le jour et la nuit,  Confidence, Légende bleue, nocturne, visage envoutant et Les 4 souffles.» Il ajoute : «L’artiste-peintre est aussi auteur de décors de théâtre et de cinéma. Décorateur en chef du théâtre Sorano dans les années 70, il est l’auteur du décor et des costumes de L’Exil d’Alboury, Amazoulou… Il a réalisé le décor de films célèbres notamment Hyènes de Djibril Diop Mambety, Mossane de Safi Faye…» Pour dire, selon le Dg des Msad, devant les membres de la famille du défunt et des amis de ce dernier, «Ibou Diouf est un artiste de grande notoriété qui a participé, depuis 1967, à de nombreuses expositions au Sénégal et à l’étranger. Ses œuvres ont été présentées lors du premier Festival mondial des arts nègres en 1966. Il fut distingué du Grand prix de carton de tapisserie  et du Grand prix de l’affiche du premier Fesman». L’artiste «fait partie (aussi) de toutes les expositions «Art sénégalais d’Aujourd’hui et Art Contem­porain du Sénégal» à l’étranger. Il faisait partie aussi des cinq Sénégalais auteurs de la fresque monumentale de 400m² réalisée au palais de Chaillot en France, en marge du sommet de la Francophonie en 1991». Ainsi dira-t-il, «il est devenu immortel grâce à la force de son œuvre inscrite dans l’éternité de la création artistique. L’homme  appartient désormais à la loge de ces impérissables artistes  dont les créations sont portées par les remparts de l’infini».
nfniang@lequotidien.sn

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