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Médine, Onyx, Mop et Soul Banks sont les têtes d’affiche de la 12ème édition du Festival international de hip-hop et des cultures urbaines (Festa2h), officiellement ouverte hier à la prison pour mineurs de Fort B avec un concert, une conférence et la distribution de repas. Ce soir, le lauréat du prix Rfi découvertes sera sur la scène de la Maison de la culture Douta Seck. Demain, le rappeur français, Médine, jouera sa partition. Mop et Onyx vont respectivement se produire vendredi et samedi à Douta Seck.

C’est officiel ! La 12ème édition du Festival international de hip-hop et des cultures urbaines s’est ouverte hier et se déroulera jusqu’au samedi 8 juillet. Pour cette année, ils sont 100 artistes issus de 14 pays qui vont se produire sur 5 concerts. Hier, le top départ a été donné à la prison pour mineurs de Fort B qui a abrité le premier concert, après la conférence de presse qui a eu lieu le matin. Intitulée Yuma ou l’école de la deuxième chance, cette édition est un projet de réinsertion sociale pour des jeunes qui sont en difficultés. Elle compte une conférence sur le thème «Yuma», l’école de la reprise, la distribution de 150 repas et un concert de rap. «On le fait depuis 2013. Il y a des jeunes qui viennent de ce milieu et que nous encadrons. C’est eux qui sont repartis à leur ancienne maison pour partager avec ceux qui y sont restés l’expérience acquise au niveau d’Africul­turban», a expliqué Amadou Fall Ba, le directeur du Festa2h.
Ce soir, le programme reprend de plus belle. Le lauréat du prix Rfi, Soul Banks, va se produire avec le groupe espagnol Agora Zion à la Maison de la culture Douta Seck, entre autres artistes. Le lendemain, la demi-finale du concours de hip-hop flow up sera combinée avec le concert du rappeur français Médine, de Sarah de Méne, de Nitt Doff, de Canabasse pour ne citer que ceux-là. Ces derniers partageront la scène avec le rappeur français.
Le vendredi, pour la première fois en Afrique, Mop va se produire à la Maison de la culture Douta Seck. Onyx, qui avait assuré la première partie de Youssoupha lors de la 11ème édition, va clôturer le festival. Ce choix, informe Amadou Fall Ba, s’explique par le fait que le concert de clôture de la 11ème édition a eu lieu un di­man­che et ce n’était pas propice. Et pour se rattraper, explique le directeur du Festa2h, Onyx fera son show le samedi.

Percée des femmes
Cette année, l’innovation reste la percée de la gent féminine dans le festival. En effet, «en renouvelant le projet Jokko Fam qui regroupe 5 dames originaires du Sénégal, de la Mau­ri­tanie, du Maroc et du Mali, elles étaient en résidence au Sénégal. Elles ont pu enregistrer 7 morceaux, une vidéo qu’elles présenteront le jeudi avant de s’envoler pour la Mauritanie pour s’y produire le 8 juillet. Le 11 septembre, elles seront à Casablanca. Et en février 2018, elles seront à Ségou au Mali où la Résidence artistique sera renouvelée», explique Amadou Fall Ba. Qui informe aussi que des ateliers en vidéo, d’écriture, de musique assistée et un casting cinéma sont au programme. «On nous a reproché de ne l’avoir pas fait l’année passée. C’est pourquoi nous l’avons intégré cette année, car la demande est là», déclare le directeur du festival.
A la veille de la 11ème édition, l’attitude des autorités consistant à snober les entrepreneurs culturels a été soulignée ; chose qu’elles ont visiblement rectifiée. En effet, le ministre de la Culture et la Ville de Dakar ont mis la main à la patte pour le bon déroulement de cette 12ème édition, informent les organisateurs. Ces derniers ne comprennent toujours pas le «boycott» du mouvement hip-hop des opérateurs téléphoniques. «Ce n’est pas difficile de mobiliser les partenaires institutionnels. Par contre le privé, c’est une autre paire de manches. Les télécoms investissent plus dans le sport. Et je crois qu’on doit avoir un dialogue avec ces gens-là, car le hip-hop n’est pas dirigé par des Ivoiriens, Chinois ou autres», a lancé Amadou Fall Ba.
On est bien loin des années où ce qui est devenu Festa2h était l’expression d’un besoin de se faire entendre. En effet, dans les années 2000, «Ouakam était l’une des seules localités qui n’avait pas de concert de rap». Et Matador débarquait fraîchement de la Belgique et voulait faire un concert de solidarité pour venir en aide aux sinistrés des inondations. C’est la somme de ces intentions qui est devenue le Festa2h moderne et «professionnel». «La perfection n’est approchable que par la répétition. Il faut qu’on continue sur cette lancée. On avait une certaine orientation dans le hip-hop, mais avec la diversité qui s’est imposée à nous, on est obligé de prendre en compte toutes les sensibilités des cultures urbaines et de les présenter au Festa2h (…). Cette année, les artistes à mobilité réduite qu’on ne voit jamais dans les concerts seront sur scène chaque jour», a ajouté Amadou Fall Ba.
mgaye@lequotidien.sn

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