PARTAGER

Ce samedi, l’Institut français de Dakar a vécu la 17e édition du Festival Yakaar, en accueillant sur la scène du Théâtre de verdure deux bêtes de scène : le batteur, compositeur, chanteur à la voix sulfureuse, lauréat du prix Womex 2015, Cheikh Lô, et Adjo’a Sika, la jeune chanteuse togolaise au timbre vocal exceptionnel. Drainés par des lyrics fous et accords de dingue, Sénégalais, Togolais comme «toubabs» ont repris en chœur l’hymne national du «Baye Fall» Cheikh Ndigal Lô.

A l’Institut français de Dakar, le public ne danse qu’à des occasions exceptionnelles. Ce samedi, ceux qui ont assisté au concert de Cheikh Lô en ont fait l’expérience. Ouvert par Adjo’a Sika, le bal s’est rapidement propagé dans le public qui dansait du haut des gradins. Convaincu dès les premières notes du chanteur à la voix unique et par ses musiciens, Nabile Fall s’est laissé aller. Sur son siège, il applaudit et encourage celui qu’il dit l’avoir fait quitter son lit et qu’il considère comme le Bob Marley de l’Afrique. «Cheikh Lô est un grand artiste. Mal­heureuse­ment, au Sénégal on ne connaît la valeur de nos vrais artistes que lorsqu’ils meurent» se désole-il, tout en continuant de savourer son spectacle. Bal­­­­­balou, Né la thiass, Lamp Fall… Cheikh Lô, enchaîne les titres phare de ses albums, aidé par sa guitare ou sa batterie, ou même sans instrument. Il charme ses spectateurs qui deviennent au fil des heures élogieux à son sujet. «C’est magnifique», «c’est extraordinaire», «il est exceptionnel», commente-t-on de part et d’autre du public.

Hymne à l’amour
Dans ce public, sa femme, confortablement assise, consomme en toute délicatesse les paroles de la chanson Lu tax. «li takh ma beugue leuh yow chérie, tay ma wahlako oh oh, lima takha dof si yow, tay ma wakhat lako oh chérie coco, Ndaga boof si samam khel, deuk thi sama khol ye yee, Ah chérie beuguenala oh all right…» (Ndlr : Je te dirai aujourd’hui pourquoi je t’aime autant. Je te dirai aujourd’hui pourquoi je suis fou de toi. Tu es dans mon esprit, dans mon cœur, je t’aime chérie et tout est vrai). Romantique comme jamais, le chanteur aux dreadlocks dédie son hymne à l’amour à tous les amoureux qui ont répondu par des applaudissements. Continuant de plus bel sa prestation, il invite sur scène la Togolaise Adjo’a Sika qui a assuré la première partie du spectacle. A la fin de celui-ci, l’extase était totale. Cheikh chantait encore le Ndigal baye fall.
aly@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here