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Babacar Thiam, promoteur du Festival reggae mangrove.

Du reggae, il y en a eu à gogo le week-end dernier au cours d’un festival à Foudiougne. La première édition du Festival reggae mangrove dont le promoteur est Babacar Thiam, un fils du terroir, avait une vocation environnementale.

Etant la plus populaire des expressions musicales jamaïcaines, le reggae a servi ce week-end d’outil de sensibilisation contre la dégradation de la mangrove. Cela s’est déroulé vendredi dernier au cours de la 1ère édition du Festival reggae mangrove qui s’est tenu à Foudiougne, ville de l’Ouest du Sénégal, située dans la région de Fatick. «On a utilisé le reggae comme support à travers ce festival pour sensibiliser sur les dangers que constitue  la dégradation des mangroves qui sont parmi les écosystèmes les plus productifs en biomasse de notre planète. La capacité des  mangroves à réduire la pollution atmosphérique, il n’y aucun arbre qui en dispose. Mais on se rend de plus en compte que la mangrove est de plus en plus utilisée pour faire du bois mort par les populations au moment où d’autres les commercialisent», a expliqué Babacar Thiam, promoteur du festival.
Bercés par les vagues de la mer, ceux qui se sont déplacés pour suivre les reggaemen ont été bien servis en spectacles. Pour cette 1ère édition, il n’y a que les groupes des îles qui ont presté. Dans le lot, on retrouve les fils du reggaeman vivant en France, Souleymane Sarr, connu sous le sobriquet de Niominka. Regroupés au sein d’un groupe dénommé «Family Crew», les enfants de cet artiste ont prouvé de par leur talent que leur père peut dormir tranquille du fait de dignes héritiers qui peuvent assurer sa relève après une carrière déjà entamée depuis près d’une trentaine d’années.
Chantant dans leur langue maternelle, le sérère, comme la plupart des groupes qui ont presté dans le cadre de ce festival, «Family Crew» a passé en revue son répertoire dans lequel on retrouve des chansons tirées de l’univers culturel de leur terroir : Niodior, Ô Niak (la pauvreté),  ô Ndebes (mon jeune frère) font partie des quelques titres qu’ils ont offerts au public qui s’est déplacé pour les suivre sur scène.
L’autre groupe en provenance de Niodior, B 52, dont le lead-vocal est Mamadou Sarr s’est illustré à travers des chansons reggae chantées en langue sérère. Chacun des groupes présents a composé un chant contre la dégradation de l’environnement à Foudiougne, selon le promoteur du festival.
Le clou fut la montée sur scène de Abdoul Aziz Sall Mahalahi. Originaire de Kaolack, ce reggaeman a conquis le public à travers sa voix mélodieuse. Grattant sa guitare, le lead-Vocal du groupe  Madialgui a démontré qu’il est une véritable bête de scène. Ayant joué sa partition dans l’album de Keur Gui, Encyclopédie, Mahalahi  s’est révélé sur le tard, prouvant que le talent ne suffit pas toujours pour avoir la place au soleil.
Une causerie sur les artistes et l’environnement, animée par le maire de Sokone, Moustapha Guèye dit Petit Guèye, (voir par ailleurs) suivie d’un Ataya musical, regroupant tous les groupes de reggae sur une même scène, a mis fin samedi à la 1ère édition de ce festival de Foudiougne.

Babacar Thiam, promoteur du Festival reggae mangrove : «C’est sur fonds propres que j’ai  organisé ce festival de reggae» 

Technicien en son, Babacar Thiam a eu le courage d’organiser la 1ère édition du Festival reggae mangrove à Foun­diougne. Malgré l’absence de soutien financier de la part des autorités de cette localité à qui des correspondances ont été adressées pour les tenir informer de l’événement. «C’est sur fonds propres que j’ai  organisé ce Festival reggae mangrove de Foudiougne, aidé en cela par des amis qui ont mis la main à la poche. Il n’y a que le maire de Sokone qui m’a aidé. Les autres autorités de la localité n’ont pas réagi alors que je les ai toutes adressées des correspondances», a soutenu Thiam. Ce qu’une opinion trouve paradoxale à un moment où le président de la République a décrété 2017, année de la culture. Mais cela ne décourage pour autant le jeune promoteur dont l’objectif est de pérenniser cet événement pour qu’il soit inscrit dans l’agenda culturel sénégalais. N’ayant pas voulu avancer de montant par rapport au budget pour dérouler son événement, Babacar Thiam soutient que ce festival a permis au moins d’offrir aux artistes de l’île  du Saloum, un moyen d’expression pour faire leur promotion. Dans la mesure  où ces artistes évoluent dans un cadre dépourvu d’infrastructures mu­sicales.

ambodji@lequotidien.sn

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