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C’est officiel : Alibeta a sorti son 2ème album. «Nune» est un opus de 14 titres, localement conçu et distribué sur fond de sonorités sérère, manding, jazz et blues. C’est une invitation à «revisiter les cercles de liens».

C’est la somme de nos rapports qui fait la beauté ou la laideur du monde, c’est selon. Pour Alibeta, il y a une crise du lien. A cet effet, l’artiste vient de sortir son 2ème album musical. Nune est composé de 14 titres et a été localement conçu, mais a vu la participation de Sénégalais, Came­rou­nais, Congolais, Allemands et Polonais, entre autres. Il est arrangé sur des sonorités sérère, manding, jazz et blues. «Nous sommes responsables de ce qui nous arrive. On est à un moment où le regard se retourne sur nous-mêmes. La responsabilité est partagée, mais quelle est la nôtre ? On invite chacun à revisiter les cercles de liens. Qu’est-ce qui fait de nous une communauté ? Qu’est-ce qui fait de nous un être ? Chaque personne est une unité. Nune est un album collaboratif qui retrace ce qui nous met en lien, qui fait de nous une communauté. Le message est comment revenir à ce qui nous fonde, ce qui fonde l’être en soi en le cœur, le cerveau et le corps, la famille, la communauté, ton quartier, ton pays et le continent et le monde. Une invitation à revisiter les cercles de liens qui fondent notre être», a détaillé Alibeta samedi dernier, lors de la conférence de presse marquant le lancement de l’opus.
En réalité, Nune est un projet global qui a trois composantes : il s’agit d’un manifeste, d’un album collectif et d’un espace dédié à la culture. «Nune, c’est la musique avec l’album, le manifeste qui est une proposition intellectuelle coécrite avec différents acteurs sur diverses thématiques comme l’éducation, le cinéma, le futur, le développement communautaire. Et l’Espace Kenu qui se trouve à Ouakam», a expliqué Alibeta.
Auteur d’un texte dans le manifeste, Fatou Kandé Senghor a expliqué que «la culture c’est le centre. A travers nos œuvres, nous sommes dans la transmission. Nous sommes à la croisée des chemins où l’autre et l’ailleurs sont déjà ici. Nous sommes déjà ailleurs. Nous sommes dans les nouvelles technologies comme nos enfants. Il va falloir trouver les moyens de leur offrir du contenu. Ces contenus doivent-ils être à l’image de ce que l’on voit ? Ou bien, il va falloir que nous soyons plus spécifiques, que nous proposions des contenus qui nous ressemblent, qui nous permettent de propulser nos imaginaires. Il faut sortir des rangs, clivages et frontières. Il faut faire le lien entre tout». «Nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas exister à l’image. La qualité, nous devrons la définir. Il faut se décider sur la question des publics, à qui on parle, qu’est-ce qu’on leur apporte, au lieu d’être à la course à la récompense», suggère Alibeta. C’est le même son de cloche chez l’enseignante Sandrine Leman. Pour cette dernière, il faut une adéquation entre les cours reçus par les étudiants sénégalais et leurs réalités. Mme Leman a invité ceux-ci à connaître leur identité avant de scruter le monde.

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