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Philip Monteiro

Le Sénégal va vibrer au rythme de la musi­que cap -verdienne. Ce sera du 2 au 10 novembre prochain avec la 1ère édition du  Festival de la musique du  Cap-Vert (Fesmucap)  à laquelle une trentaine d’artistes capverdiens et d’autres nationalités prendront part.

Les mélomanes sénégalais pourront déguster  le «funaná», la «coladeira», «la tabanca» et la «morna» pour ne citer que ces genres musicaux en provenance du Cap-Vert. Ce sera à l’occasion de la 1ère édition du  Festival de la musique du  cap vert (Fesmucap) qui se tiendra du 2 au 10 novembre à Dakar. Prévu initialement sur une journée, le festival a été étalé sur une semaine devant l’intérêt manifesté par plusieurs artistes de jouer leur partition lors de ce festival. «Cette grande manifestation culturelle verra la participation d’une trentaine d’artistes cap- verdiens, bissau-guinéens et sénégalais mais aussi de la diaspora pour renforcer les liens et promouvoir la jeunesse sénégalaise», ont rappelé  les organisateurs de ce festival qui ont fait face à la presse mardi dernier.
Les membres du comité du Fesmucap annoncent que de grands noms de la musique, originaires de cette île située pas loin de nos côtes, se déplaceront à Dakar pour marquer leurs empreintes sur cette manifestation. Parmi les têtes d’affiche attendues, Grace Evora, membre du groupe Liviti, qui sera sur scène le 2 novembre dans la capitale sénégalaise, selon Roger Sodade, responsable de la communication du Fesmucap. Il annonce que le groupe Cordas de sol jouera aussi sa partition le 7 novembre. Le lendemain, se tient un des évènements phare du festival, une soirée de gala. L’évènement qui va marquer officiellement le démarrage  du festival se tiendra au Grand Théâtre. «Ce sera une soirée dînatoire», fait remarquer l’un des membres du Fesmucap non sans souligner que cette soirée est une sorte de passage de témoin entre l’ancienne génération et la nouvelle génération de musiciens capverdiens. «Ce jour-là, les groupes qui vont prester sont de l’ancienne génération. Il s’agit de Tam Tam 2000, Georges Rosario, Georges Netto qui sont d’anciens artistes», informe Roger Sodade. Le 9 novembre, une scène en plein air sera érigée à la Place du Souvenir. C’est pour y accueillir des musiciens comme Jules Semedo, auteur d‘Obrigado et Maria Julia, qui se produira en live. «Jules Semedo va venir  avec un effectif de 7 personnes. Il dit qu’il ne vient pas au Sénégal pour faire du play-back. C’est le seul qui va venir avec son orchestre», a informé le chargé de Com du Fesmucap. L’artiste bissau-guinéen Rui Sangara ainsi que les artistes locaux, Philip Monteiro et Didier Awadi, seront aussi de la partie.

«C’est grâce à sa musique que le Cap-Vert est connu»
«La Musique capverdienne est beaucoup plus célèbre que le Cap-Vert», a indiqué Roger Sodade qui dit que la communauté capverdienne vivant au Sénégal fait moins de 350 mille résidents. L‘organisation de ce festival va aussi impliquer la communauté sénégalo-capverdienne qui est invitée à  participer à l’effort de pérennisation de la culture capverdienne au Sénégal. Les organisateurs, qui n’ont pas voulu communiquer sur le budget que nécessite la tenue d’un événement de cette dimension, saluent tout de même la participation des artistes dont certains ont mis la main à la poche pour payer leur billet d’avion.

La musique capverdienne moins populaire
«Les artistes capverdiens ne viennent plus au Sénégal»
Les rythmes capverdiens ont accompagné la jeunesse d’une bonne partie de la population sénégalaise. Invité à parler des nouveaux genres musicaux qui sont en train de supplanter la musique capverdienne au Sénégal, les organisateurs du festival pointent du doigt un manque de communication. «Les artistes ne font pas assez de communication. Il y a la disparition des Cd. En plus, on distille de la musique capverdienne sur les radios sans qu’on ne cite le nom des artistes», déplorent les organisateurs dudit festival qui donnent les raisons qui font qu’on voit rarement des artistes capverdiens venir  se produire au Sénégal. «Les artistes capverdiens ne viennent plus au Sénégal parce qu’ici, on n’a pas la culture des festivals. On connait beaucoup plus la culture sénégalaise. Le festival René Cabral vient d’ici mais son marché est ailleurs. On l’invite à revenir. Je lance un appel à l’Administration pour aider l’organisation de ce festival. S’il n’y a pas de spectacles, les artistes ne vivent pas. Qu’on nous aide à l’organiser pour qu’on puisse booster le tourisme», ont plaidé les organisateurs  de ce festival dont le promoteur est  Isidore Lopez.
ambodji@lequotidien.sn

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