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Dans la presse espagnole, Enrique Iglesias est revenu sur la longue brouille familiale qui l’a éloigné de son père, jaloux de son succès.

Il n’y a pas que chez les Delon que les relations père-fils sont compliquées… Le chanteur Enrique Iglesias, 44 ans, est ainsi revenu sur le fossé qui s’est lentement creusé avec son père Julio, 76 ans, méga star internationale aux 300 millions de disques vendus. D’habitude discret sur ce point -les journalistes avaient ordre d’éviter le sujet dans les interviews-, Enrique a raconté comment il avait décidé de quitter le nid familial à 18 ans, pour échapper à l’ombre du père et mener sa barque comme il l’entendait. «A 18 ans, je me suis complètement éloigné de ma famille et ça a été difficile, a-t-il raconté à Icon, le supplément du quotidien El Pais. J’ai pris la fuite et pendant dix ans je n’ai eu absolument aucun contact avec mon père. Je n’ai repris contact avec lui qu’à la mort de mon grand-père. Cela représente beaucoup d’années. J’ai beaucoup souffert. Mais ce que j’éprouvais pour ma musique me donnait de la force. Et par-dessus tout, je poursuivais mon but comme je l’entendais…»
Une brouille qui s’explique d’abord par une enfance compliquée, avec un père souvent absent en raison des tournées internationales : Enrique est âgé seulement de trois ans quand ses parents divorcent, il passera son enfance en Espagne, au côté de sa mère Isabel Preysler, avant de rejoindre son père à Miami, pour plus de sécurité – son grand-père a été enlevé par l’Eta au début des années 1980. Il abandonne ses études pour se lancer à son tour dans la chanson, mais dans le dos de son père, craignant sa réaction : après tout, Iglesias est une marque extrêmement rentable…

Rabaissé par son père
Enrique part au Canada, où personne ne le connaît, enregistre des chansons sous un faux nom pour brouiller les pistes, dégote un manager et finit par sortir un premier album en 1995, qui s’impose dans les charts. L’ex-manager de Julio Iglesias, Alfredo Fraile, se souvient encore dans Icon de la colère noire de l’ombrageux hidalgo quand il a eu le disque de son fils dans les mains. «Enrique a envoyé son album à son père, qui lui a dit que c’était de la merde et qu’il n’irait nulle part, que lui seul savait quelle musique était bonne et qu’il devait lui faire confiance. Il s’est trompé.» Et d’ajouter : «Enrique a toujours essayé de construire des ponts avec son père. C’est un bon garçon talentueux. Le problème, c’est qu’il voulait faire son propre chemin et son père a estimé qu’il devrait écouter ses conseils…»
Suivent donc dix ans de brouille avec parfois de vrais coups de déprime pour Enrique, malgré un succès qui ne cesse de se consolider – 150 millions de disques vendus au total, notamment en Amérique du Sud. «J’ai beaucoup pleuré au début. Il y a eu un moment en particulier. Je suis allé à San Francisco pour mixer mon premier album. Je me rappelle être rentré à l’hôtel, seul et m’être mis à pleurer. Je pensais : qu’est-ce que je fais ? J’ai complètement perdu contact avec ma famille.» En 2002, il sort Quizás, une chanson d’un fils à son père, qui exprime douleurs et regrets, avec des messages évidemment très personnels : «Les années ont passé et on ne se parle toujours pas / Je ne veux pas que tu penses que je t’ai oublié / Au fond, toi et moi, nous nous ressemblons beaucoup…»
Julio Iglesias n’assistera jamais à un concert de son fils. Et Enrique mettra du temps à lui présenter sa compagne, l’ex-championne de tennis Anna Kournikova , – Julio disait ne pas la connaître il y a encore cinq ans. Aujourd’hui, le contact est rétabli et s’est renforcé, notamment depuis la récente paternité d’Enrique – il a eu des jumeaux il y a deux ans. «Nous avons un respect mutuel, plus qu’il y a vingt-cinq ans, reconnaît Enrique dans Icon. C’est mon père et je l’aime de toute mon âme. Je le respecte et je l’admire, et je comprends ce qu’il a fait dans sa carrière et dans sa vie privée. » De là à faire un album en duo…
lepoint.fr

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