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Alors que l’été rime avec vacances sous nos portiques, les artistes, à défaut d’avoir les moyens de leurs ambitions, en profitent pour renflouer leurs caisses. Ils se bousculent pour faire partie des «chanceux» qui vont en tournée avec les opérateurs de téléphonie. Le reste se cherche une place au soleil. Et dans ce contexte, des initiatives voient le jour pour compléter ce besoin criard en ressources afin de jeter les bases d’une industrialisation de notre musique. Visite guidée de l’été des artistes !

C’est l’été au Sénégal. Une période que le monde culturel compte mettre à profit pour gagner en exposition médiatique. Si  pour le grand public, majoritairement composé d’élèves et d’étudiants, l’été est synonyme de vacances, pour les producteurs de spectacles et artistes, c’est la haute saison. C’est le moment de se faire de l’argent !
Dans le milieu du rap sénégalais qui a un problème, comme toutes les autres branches de la musique, de commercialisation, l’été est une aubaine. Il permet non seulement aux artistes de se produire les jours ouvrables mais aussi et surtout, le plus important, il crée ce lien primordial pour l’écoulement de disques physiques. Ce sont les opérateurs de téléphonie mobile qui ont trouvé cette astuce. L’objectif est d’attirer les fans des artistes du moment pour exposer leurs produits. En somme, ils utilisent les rappeurs comme des prescripteurs. Un partenariat  qui enchante toutes les parties. Car l’artiste, en plus de tourner et par conséquent de toucher une belle cagnotte, a l’opportunité de vendre ses disques physiques. Ainsi, ils sillonnent le Sénégal à travers ce format.
Si la majorité des rappeurs semblent s’enthousiasmer pour faire partie de cette aventure, il faut tout de même souligner que tous ne peuvent pas y figurer. Et dans ce cas, des initiatives privées sonnent comme des alternatives. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre la création du Forum des cultures urbaines du sud (Focus). Ce partenariat entre le Sénégal, le Maroc, la Mauritanie et le Mali  veut contribuer à la promotion de la diversité culturelle et à l’essor des industries culturelles des pays membres. Ainsi, l’Africul­turuban, Guédiawaye hip-hop du Sénégal, la Fondation sur le Niger du Mali et Zaza productions de la Mauritanie vont organiser des manifestations artistiques et culturelles structurantes dédiées aux différents acteurs des cultures urbaines, favoriser l’accès du public africain à leurs œuvres, promouvoir les échanges interculturels et les mises en synergie créatives entre les différents pays, tout en renforçant les capacités professionnelles des acteurs et leur mise en lien afin de peser de manière significative, sur l’instauration de politiques culturelles réellement efficientes à leur endroit.
Bien qu’étant étalé sur 2 ans, l’écrasante majorité des actions du Focus a lieu pendant l’été. Pour preuve, le salon professionnel itinérant et l’animation culturelle de la région de Dakar se déroulent en plein été. Chaque samedi, au siège de Guédiawaye hip-hop, des sessions de formation sont organisées sur les métiers des cultures urbaines. L’objectif est de doter ce secteur, de ressources humaines capables de jeter les bases d’une industrialisation de notre musique. Dans cette phase-test, la création de 15 emplois directs est attendue sur les 200 jeunes qui vont être formés dans le domaine de entreprenariat culturel, la gestion des projets culturels, la communication événementielle, le community management et la sécurité et prévention des risques…
mgaye@lequotidien.sn   

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