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L’appel que Fata avait lancé dans son album «Rap’fric» pour intégrer nos sonorités dans le rap semble être entendu. En effet, après le «Wolof beat», c’est au tour de «Galsen kuduro» de faire son apparition. Ce savoureux mélange de hip-hop et de kuduro sur fond de mbalax a l’intention de déloger l’Afrobeat et par la même occasion gagner la reconnaissance internationale que le rap sénégalais attend depuis 30 ans.

L’époque où le rap sénégalais se targuait d’être conservateur semble révolue. En effet, après le Wolof beat, c’est autour du Galsen kuduro de faire son apparition dans le paysage musical sénégalais. Ce style musical, comme son nom le laisse présager, est un mélange de kuduro et de hip-hop sur fond de mbalax. Il a été inventé par le jeune rappeur Kach. L’objectif est de ravir la vedette à l’Afrobeat nigérian. Lors du dernier dîner de gala du Festival panafricain de films de Cannes, certains mélomanes ont estimé que le Galsen kuduro a de beaux jours devant. «Il faut être authentique, original et chercher les links, mais malheureusement le hip-hop galsen ne se limite qu’au Sénégal. On se doit d’être ouvert. C’est comme ça qu’on va industrialiser notre musique», explique Kach, affirmant que ce sont les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans ce style musical. Qui a vu le jour au Luxembourg. En réalité, c’est le producteur PP qui a constaté que la communauté capverdienne est très présente dans cette partie de l’Europe et que pour les toucher, il faut faire une musique qui leur parle. C’est ainsi que Kach a demandé à Passabeat (le beatmaker de Nix) de lui concocter ce genre musical. 30 minutes plus tard, le premier son Galsen kuduro voit le jour.
Convaincu que ce genre musical peut apporter au rap galsen qui fête ses 30 ans cette année la reconnaissance internationale tant attendue, Kach jure d’en être le porte-flambeau. Et pourtant à ses débuts, rien ne laissait présager une telle ascension du jeune rappeur. En 2003, Cheikh Mbacké Thiam (son nom à l’état civil) prenait pour la première fois le micro pour se faire entendre. Il ignore les rudiments du rap, mais est attiré par ce mouvement. Son amour pour cette musique le conduit à intégrer le groupe StarAc. Il y fera 3 années qu’il qualifie de «perte de temps». Tout naturellement, il avait donc quitté ce groupe pour intégrer Force One, un autre groupe de l’underground. Ce groupe étant membre d’un cartel de rappeurs, ses chances d’éclore s’amenuisent. Kach y fera ses classes pendant 7 longues an­nées. Et en 2013, il décida de se lancer dans une carrière solo. L’ex­périence glanée lui a alors permis d’élaborer une stratégie pour exister médiatiquement et par la même occasion se faire un nom. Il lance, pour la première fois au Sénégal, Md Freestyle. Le concept est simple : c’est un freestyle dont la vidéo est balancée sur internet de manière périodique pour créer une sorte de rendez-vous avec les internautes. Cette stratégie que de nombreux artistes utilisent actuellement lui a permis de rencontrer le producteur PP en 2014. L’année suivante, il signe chez Badman production qui va devenir Terre-mère.

Perspectives
En 2015, plus précisément au mois de mars, Kach sort son premier produit musical après 12 ans de traversée du désert. Package flow est un Ep de 8 morceaux majoritairement fait d’ego-trip. Le travail réalisé dans cet Ep lui ouvre des portes. Il fit la première partie de grosses pointures comme Niska, MHD et Karis, quand ils sont venus au Sénégal. Celui qui avait à ses débuts un problème pour ne serait-ce côtoyer les vedettes sénégalaises se retrouve à partager des scènes avec des artistes de renommée internationale. «Une belle réussite», selon ses convictions. «Je suis en train de travailler sur mon premier album. Ce que je fais est destiné à la base pour le Sénégal, mais aussi je veux toucher le monde. Je ne peux pas proposer ce qui a été déjà créé. On ne peut pas continuer à se poser sur les mêmes beats tout le temps. Je ne peux pas rivaliser avec les Américains en faisant la même chose qu’eux. C’est ce que le Nigeria a fait et ça marche. Je n’ai pas de limites», commente-t-il. Avant d’ajouter que l’album sera «un mélange de tout».

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