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Disparue des radars depuis quelques années, la chanteuse Amy Mbengue prépare activement son retour sur le devant de la scène musicale. Rencontrée aux Hlm, l’artiste annonce qu’après une longue pause, elle prépare la sortie de son 7e album.

Elle avait quelque peu disparue des radars. Mais quand on interroge Amy Mbengue sur les raisons de cette retraite, c’est avec un sourire gêné qu’elle répond lapidairement : «C’est pour des raisons liées à ma vie privée. Je ne peux pas trop en parler.» Mais au bout du compte, l’ancienne chanteuse du Lemzo Diamono s’en sort avec une pirouette adroite en laissant transparaitre une volonté de mieux rebondir sur la scène musicale sénégalaise. «Je suis en train de préparer mon 7e album», finit de révéler Amy Mbengue. Assise sur une chaise dans la cour de la mairie des Hlm, la chanteuse attend sagement son tour pour donner de la voix au service de la lutte contre la violence. Ce temps de recul que l’artiste s’est accordé, pour mieux sauter comme elle dit, a été aussi mis à profit pour étoffer son répertoire. «J’ai toujours écrit toutes mes chansons. Et j’ai eu beaucoup de temps pour le faire. Je promets à mes fans un retour mémorable.»
Fidèle à elle-même, Amy Mbengue ne compte que sur ses propres ressources pour produire son prochain opus. «Je n’ai jamais accepté de travailler pour un label et ce n’est pas maintenant que je vais commencer. Mon album, je vais le produire moi-même», explique-t-elle avec un grand sourire. «Je préfère aller à mon propre rythme.» Etre son propre patron donne une certaine liberté, poursuit-elle tout en dénonçant la piraterie qui freine l’essor économique du secteur. «Aujourd’hui, la musique sénégalaise souffre de problèmes de piraterie. Les Cd ne se vendent plus et il nous faut réfléchir à d’autres façons de faire.» Sur ce point, elle explique que désormais, chaque artiste compte sur ses fans pour espérer monétiser ses productions. Mais précise-t-elle, hors de question de recourir à certaines pratiques malsaines pour attirer l’attention et faire le buzz. «Moi, on ne m’a jamais vue dans des choses de ce genre. Je ne compte sur ma musique pour me relancer et non sur le buzz.»
Absente du landernau musical depuis quelques années, Amy Mbengue a fait ses premiers pas aux côtés de Ismaël Lô avant de rejoindre Lamine Faye. Dans les rangs du Lemzo Diamono où elle évoluera pendant plusieurs années, elle se révèle au public aux côtés de Alioune Mbaye Nder et autres Mada Ba, Salam Diallo et Fallou Dieng. Par la suite, elle entame une carrière solo en dents de scie. Auteur de quelques tubes à succès comme Papa Chéri, elle connaitra aussi quelques flops. Mais la native des Hlm s’accroche tant bien que mal pour rester sur le devant de la scène.
Dans son quartier d’origine, c’est en toute discrétion que l’artiste s’engage aux côtés des autorités pour juguler les phénomènes de violence qui ont pris de l’ampleur dans le quartier. La chanteuse est tout naturellement venue répondre à l’appel de la mairie pour lutter contre ce fléau qui commence à gangréner la jeunesse locale. «Je suis née et j’ai grandi ici aux Hlm. Mes parents aussi et c’est tout à fait normal que je réponde à l’appel de la mairie. D’autant plus que je suis la seule artiste femme qui doit faire une prestation aujourd’hui (il y a quelque jours lors de la restitution publique de l’étude de l’Institut de gestion urbaine (Iagu) sur la violence)», explique-t-elle avec un grand sourire. «Je suis ici pour parler aux jeunes des Hlm, leur transmettre le message que la violence ne peut rien résoudre mais aussi que l’usage de la drogue est à proscrire. Nous voulons une jeunesse saine», souligne-t-elle avec un sourire confiant.
mamewoury@lequotidien.sn

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