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Oussou Ndiole vient de sortir son deu­xième album. Intitulé «Layaname sérères» (Dites aux Sérères, en français), le cuisiner à ses heures perdues sert sur un plateau de «nguél» six titres dont le message principal est le retour aux sources. Entre le refus de voir la tradition sérère disparaître et l’envie d’exporter sa musique, Oussou Ndiole élève la voix.

Oussou Ndiole ! Pour certains, ce nom peut paraître anodin, mais pour les amateurs de nguél, c’est le «prince» de cette musi­que bien de chez nous. L’artiste aux 15 ans de carrière vient de sortir son deuxième album. Dans cet opus de 6 titres intitulé Layaname sérères (Dites aux Sérères, en français), le cuisinier de formation entend «conquérir le monde de la musique», tout en sensibilisant ses frères «sur un retour à la terre et à l’élevage». Hier à la cérémonie d’écoute, il a «montré son inquiétude face à la culture sérère qui meurt à petit feu. La preuve, l’organisation des mariages sérères est tout autre de même que des soirées culturelles».
Fort de ce constat, le «Prince du nguél», dans le morceau intitulé Faoye, rend hommage à son village natal. La riche culture de cette localité y est évoquée non sans oublier de déclarer son amour à ce village.
Le 2ème titre est un message proprement destiné à la communauté sérère. Intitulé Layaname sèrères (Dites aux sérères, en français), ce titre est un message fort qui exhorte les membres de cette communauté à revenir à leurs valeurs. Avec l’urbanisation galopante, Oussou Ndiole rappelle aux Sérères l’urgence de retourner à leur tradition. Le troisième morceau Renda nga rog ayale (Si j’étais Dieu) est l’expression du souhait de l’artiste de réécrire l’histoire noire pour corriger les impaires. L’artiste rend hommage à ses ancêtres et montre son indignation par rapport à cette traite qu’il n’a pas vécue certes, mais dont les échos le «poussent parfois à la révolte».
Sur un ton beaucoup plus festif que les trois premiers titres, Thiossane né sérères est un hommage à Sombel Faye, Fatou Guèye, Lang Diamé, Mame Diouf, Mbaye Astine, Yandé Codou Sène, entre autres grandes voix de la communauté sérère. Dans ce titre, il a aussi décrié «la jalousie entre artistes, non sans oublier de les appeler à l’unité pour développer la culture de manière générale». Un morceau est aussi dédié au guide religieux des Tidianes, El Hadji Malick Sy. Le dernier morceau évoque la condition humaine. Intitulé O kine refou nimbane, Oussou Ndiole y parle de l’homme qui, selon lui, «est difficile à cerner».
Trahison, division et divorce, l’artiste explore le côté sombre de l’humain dans ce titre. Il pointe un doigt accusateur à la mondialisation pour provoquer l’éveil des consciences.
mgaye@lequotidien.sn

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