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Son amour du rythme l’avait conduit en Afrique. Mais c’est le «sabar» qui lui fera découvrir le «mbalax» aux cotés de la famille du tambour-major Doudou Ndiaye Coumba Rose. Ben Aylon, «One man Tribe», est un musicien israélien spécialiste du «sabar». Ce mercredi, il a donné un concert dans les jardins de l’ambassade de son pays à Dakar.

En 2010, c’est son amour du sabar qui l’avait conduit chez le tambour-major Doudou Ndiaye Coumba Rose. Aux côtés de son fils Aly Ndiaye Rose, Ben Aylon, musicien israélien, fait l’apprentissage des rythmes traditionnels mbalax. Ce mercredi, le jeune artiste a donné un concert à la résidence de l’ambassadeur d’Israël à Dakar. Une façon de montrer une fois de plus son amour pour ces sons et rythmes propres au Sénégal, mais aussi de voir comment les Sénégalais apprécient son œuvre. Avec une batterie constituée de sabars, djembés et drums, auxquels Ben Aylon a ajouté une batterie de son invention, il a transporté le public venu l’écouter. Une de ses prestations les plus appréciées est l’hymne du lutteur Mohamed Ndao Tyson que Ben Aylon a parfaitement exécuté. Né en Israël, le jeune Ben est un enfant turbulent, explique une note de présentation de l’ambassade. Ses parents l’inscrivent alors à la batterie pour freiner son énergie, poursuit le document. «Il s’initie à la batterie, y prend plaisir et au fil des années flirte avec les sonorités africaines. Ses premières rencontres furent avec les sonorités venant de la Guinée.» Désireux de se perfectionner dans cet art, il prend la direction de la Gambie. Mais lui et ses amis sont expulsés de ce pays. Ils se retrouvent au Sénégal et Ben y découvre le sabar. Depuis, cet instrument s’est taillé une place de choix dans le cœur du musicien qui n’a pas hésité à séjourner pendant un mois dans l’entourage du tambour-major Doudou Ndiaye Rose pour se perfectionner. «Après 10 ans de recherches, Ben Aylon crée son propre style et conçoit sa batterie de sabars composée du thiol, nder, dioum dioum et djembé… qui lui permet d’avoir le même rendu qu’un groupe de batteurs de tam-tam.» Avec sa propre invention, un pot en fer vide entouré d’anneaux de métal «qui reproduisent le feeling d’une dizaine de personnes qui claquent des mains», selon M. Aylon. Il poursuit encore ses recherches autour du mbalax sénégalais. «Même sur le djembé ou d’autres instruments, comme les tambours indiens, je cherche toujours à reproduire le son du mbalax», explique le musicien à la fin de sa prestation d’une vingtaine de minutes. «Je ne peux pas jouer trop longtemps parce que c’est trop physique comme performance», explique-t-il. En effet, comme un homme orchestre, Ben Aylon utilise ses mains et ses pieds pour jouer sur la dizaine d’instruments qui composent son arsenal musical. «Il y a plusieurs cultures différentes dans le Peuple juif et chacune d’elle a ses propres traditions. Jusqu’en Afrique du nord où on retrouve aussi des Juifs. Et chacune de ces cultures a des rythmes différents. J’ai grandi avec toutes ces influences, mais je suis tombé sous le charme du sabar sénégalais», informe le musicien.
La venue de ce musicien a été saluée par l’ambassadeur d’Israël à Dakar. Selon Roï Rosenblit, ce jeune musicien est un véritable ambassadeur de la musique sénégalaise en Israël. «La musique et les rythmes sont un langage universel», souligne l’ambassadeur. Comme pour lui donner raison, c’est en duo avec Cheikh Lô que Ben Aylon a mis fin à sa prestation, sous le regard de l’ambassadeur des Etats-Unis à Dakar et d’un parterre d’invités.

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