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«L’album le plus abouti de Daara J», comme l’a qualifié Faada Fredy, est sorti jeudi 12 mars 2020. C’est un mixte de sonorités africaines, avec des textes qui alertent sur la nécessité de s’affirmer en tant qu’Africain et de trouver un équilibre entre réalité et virtualité, qui attend les fans sur les 12 titres qui composent «Yaamatélé». L’écologie y est aussi évoquée.

Attendu dans le «game» comme l’Aid pour un musulman, le deuxième album du mythique groupe Daara J est officiellement sorti hier, jeudi 12 mars 2020. C’est une production de 12 titres. Si les plumes de Faada Fredy et Ndongo D n’ont pas pris de ride, elles ont gagné en maturité. En effet, Yaamatélé est un condensé des thèmes écologistes et de l’affirmation de l’Africain dans un monde de plus en plus globalisé. Il a fallu plus de 3 longues années au groupe pour concevoir ce disque. «Après 20 ans de carrière, nous avons voulu faire quelque chose de frais qui nous ressemble et qui puisse nous faire voyager», a expliqué Ndongo D.
Ce voyage sonore qu’évoque Ndongo D est un formidable mélange de différents rythmes africains. En effet, attendant la mise en place de la traditionnelle conférence de presse marquant la sortie officielle d’album, cet opus a bercé les hommes de médias et les quelques privilégiés.  Du reggae, en passant par le rap, Daara J n’a rien laissé au hasard pour satisfaire ses fans. Sans risque de se tromper, Yaamatélé peut d’ores et déjà être placé dans la catégorie des albums de l’année. «Nous avons voulu sortir de notre zone de confort en faisant cet album», reconnaît Ndongo D pour cautionner le niveau de performance noté dans cet album. Qui est la somme des rencontres de Daara J Family. En 2018, Faada Fredy et Ndongo D s’envolaient pour la France avec 2 morceaux dans leurs bagages. L’écrivain Gaël Faye, tombé sous le charme, appose sa voix dans Yaa­matélé, le titre éponyme. C’est pratiquement le même cas avec le beat maker Kratos qui a écouté une prod’ et s’est senti dans l’obligation d’y apporter une touche. C’est comme ça qu’est né le morceau Chaka Zulu. De là, le reste de l’album est passé entre les mains d’experts résidant aux quatre coins du globe. De Montréal à Kinshasa, Paris et Dakar, presque tous les compositeurs renommés y ont apporté une touche. «Les jeunes doivent savoir que nous pouvons avoir une identité musicale qui nous est propre», rappelle Faada Fredy. Qui invite les jeunes à trouver «un équilibre entre modernité et virtualité».
La musique étant acquise, Ndongo D et Faada Fredy ont voulu, dans le texte, conscientiser la jeunesse africaine sur l’utilité de la technologie, son impact et le réel besoin d’affirmer son identité dans un monde de plus en plus globalisé. «Yaamatélé est un dessin animé des années 80. C’est un robot qui faisait des miracles. Il symbolise l’humain actuellement. Maintenant, la technologie est tellement présente dans nos vies qu’elle nous impose d’oublier certaines valeurs», a résumé Ndongo D. Faada Fredy est allé plus loin : «Nous évoquons dans cet album, qui est un mixte entre Boomerang et Xalima, la soumission de l’économie africaine aux multinationales. Nous prenons des décisions validées par l’Eu­rope. L’Afrique doit prendre son destin en main. Arrêtons de tendre la main !»
mgaye@lequotidien.sn

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