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Pour aider à faire baisser le niveau des taux d’intérêt des institutions de microfinance jugé élevé, la création d’un guichet de financement à la Banque centrale est la solution prônée. Malick Diop, directeur général de Pamecas, l’a expliqué hier en marge de l’Université des dirigeants, organisée par sa structure.

Le Sénégal compte 10 millions de personnes actives. Sur ce chiffre, seuls 400 mille sont salariées dont 250 mille dans le privé et 150 mille dans le public. Dès lors, il apparaît clairement que le secteur informel joue un rôle essentiel dans le tissu économique du pays.  Sachant qu’une croissance dite inclusive doit être le résultat d’un investissement privé, l’accès au crédit devrait être facilité. Seulement, le constat est là : Les institutions de microfinance appliquent des taux d’intérêt élevés. Pour Malick Diop, directeur général de Pamecas, la mise sur pied d’un guichet dédié à la microfinance à la Bceao est la solution. «Dans la réflexion, on oublie que le Sfd est une entreprise avec des charges. On oublie aussi que le Sfd est assujetti à des taxes. On oublie que le Sfd se fait refinancer par les banques commerciales. Nous n’avons pas accès au guichet de financement de la Banque centrale. En passant par les banques, le refinancement nous revient un peu plus cher. Cela interpelle la Banque centrale. Il faut que l’Etat, la Banque centrale et les acteurs se mettent autour d’une table pour réfléchir sur la solution. Si le refinancement est disponible au guichet de la Banque centrale, nous allons résoudre la question», a déclaré ce dirigeant hier lors de l’Université des dirigeants organisée par le Pamecas.
Cette série d’ateliers organisés sur 5 jours est présentée comme une plateforme qui réunit des dirigeants élus et les cadres autour de thèmes de réflexion à fortes propensions économiques, organisationnelles et sociales, pour préparer la relève, l’avenir du réseau et l’héritage à léguer aux générations futures. L’évé­nement réunit chaque année une communauté apprenante de près de 200 dirigeants issus des 28 mutuelles de base du réseau Pamecas sur l’étendue du territoire national. L’Uni­versité des dirigeants vise notamment à renforcer les capacités, créer les conditions d’un dialogue, en vue de prévenir les crises de gouvernance, valoriser et reconnaître le bénévolat et le temps donné à la communauté. L’édition 2020, la première du genre, est organisée en partenariat avec Bem management school et a pour thème «Les enjeux de la transformation digitale pour les institutions de microfinance, la gestion des risques et création de valeurs dans le contexte du Covid-19», ainsi que divers sujets de réflexion stratégique relatifs au modèle de financement de la croissance du réseau, à la prévention des crises de gouvernance et à l’optimisation des actions sociales du réseau.
Le réseau Pamecas a fait un chiffre d’affaires de 50 milliards Cfa en finançant 100 mille personnes dont 55% de femmes en 2019. En 2020, malgré la crise sanitaire du coronavirus, cette performance devrait être renouvelée, a assuré son directeur général. L’institution de microfinance comprend plus de 850 mille sociétaires et est membre d’une confédération présente au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso, au Bénin et au Togo. Pamecas a maintenant 25 ans d’existence.

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