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Le risque qu’un couple de personnes bien portantes donne naissance à un enfant atteint d’albinisme est de 25%. Un chiffre suffisamment élevé pour installer dans la mémoire collective que l’albinisme est une condition génétique et non une maladie. En effet, il n’est pas rare de voir un couple dit bien portant donner naissance à un enfant atteint d’albinisme. Dans cette situation, les deux partenaires ont des gènes cachés pour donner l’albinisme.
En Afrique, une naissance sur 1000 est un enfant atteint d’albinisme. Ce chiffre est beaucoup plus important en Afrique central. Au Sénégal, ils sont 10 500 personnes atteintes d’albinisme selon le dernier sondage de l’association éponyme fait en 2012. Malgré les explications scientifiques, ils sont nombreux à croire que sacrifier un «albinos» est une solution pour faire fortune ou accéder à certains postes. Seydi Gassama de Amesty international mène le combat pour «déconstruire toutes ces croyances». C’est dans cette logique qu’il faut comprendre le séminaire de deux jours organisé à Dakar depuis hier. «Les personnes atteintes d’albinisme sont victimes de beaucoup de préjugés. Beaucoup de fausses croyances circulent à leur encontre. Elles font le lit de la violence contre les albinos. Certains pensent que coucher avec un albinos peut guérir certaines maladies. Il y a même des gens qui pensent qu’en prélevant une partie de leurs corps on peut faire fortune. C’est très fréquent. Les sorciers qui recommandent ces pratiques et les personnes impliquées ne sont pas arrêtés. Il faut déconstruire toutes ces croyances», a déclaré le coordonnateur d’Amnesty international.
Le combat de Seydi Gassama a aussi un volet médical. En effet, il plaide pour la prise en charge médical des personnes atteintes d’albinisme. «Les personnes atteintes d’albinisme sont confrontées à d’énormes difficultés. Elles ont besoin d’un suivi médical spécifique, de crème anti solaire. A cet effet, Amesty compte s’y impliquer pour essayer d’apporter une solution. Il faut que les crèmes solaires soient produits ici et qu’on les subventionnent à défaut de les rendre gratuites», a plaidé Seydi Gassama. Et cela passe, selon lui, par la ratification du facultatif à la convention des Nations unies pour les personnes souffrant de handicap. Qui permet aux victimes, lorsque l’Etat présente des défaillances sur la prise en charge, de déposer une plainte aux Nations unies. Depuis 2017, le Sénégal l’a signé. Invitée à intervenir, Mariama Dieng, la vice-présidente de l’Association des personnes atteintes d’albinisme, a dénoncé leur mise à l’écart dans la lutte contre le coronavirus. «A ma connaissance, je n’ai pas vu de mesures ou d’actions concernant les albinos dans la lutte contre la pandémie à coronavirus», a-t-elle informé.

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