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Aux dinosaures qui occupent l’espace politique depuis l’époque coloniale, des jeunes ont décidé d’en finir avec le conservatisme. Samedi, le mouvement citoyen Génération Y/Yeewu, yeemu, yeebu, (éveillé, conscient, courage) a été mis sur pied afin de forger une nouvelle conscience aux jeunes désabusés par les différents régimes politiques. Lors d’un panel, son président Boubacar Camara, ex-directeur de Cabinet de Karim Wade, justifie la naissance de la plateforme par un manque de considération des doléances de jeunes depuis les indépendances. «On s’est rendu compte que personne ne parle aux jeunes. On ne les écoute pas. Les gens qui ont des connaissances solides n’ont pas l’occasion de s’adresser aux jeunes. Comme les jeunes ont besoin d’une désintoxication, il faut des cures de désintoxication», explique M. Camara à l’endroit de dizaines de jeunes massés dans la salle de L’Harmattan.
Dans cette optique, l’ancien directeur général de la Douane d’ajouter : «Il faut que les jeunes écrivent les archives de l’Histoire du Sénégal. Il ne faut pas se limiter à comprendre, il faut prendre en main son destin. Personne ne le fera à votre place», dit-il à l’endroit des dizaines de jeunes massés dans la salle de L’Harmattan. Dans cette perspective, le mouvement compte organiser 9 panels pour connaître davantage les réelles préoccupations de la jeunesse. A terme, un livre blanc sera édité. «Nos cellules seront le parlement de la jeunesse. Quelle que soit l’autorité qui sera en face, elle saura les doléances des jeunes. Cela permettra de refuser de vendre un vote à 10 mille francs ou d’aller applaudir les politiciens. Nous voulons bâtir cette nouvelle conscience», dit-il.
Pour Moussa Sène Absa, la Génération Y doit produire des récits, car son «imaginaire a été phagocyté par un imaginaire complètement parasite, piétiné… Les références sont complètements violentées et écrasées». Le cinéaste incite la jeunesse sénégalaise à incarner la rupture. «Il ne faut pas accepter qu’on brise vos rêves. Le rêve est la chose la plus belle. Inscrivez-vous sur les listes électorales, allez voter et mettez tous ces gens dehors ! Lorsque j’étais au lycée, Moustapha Niasse passait avec sa voiture. Il est toujours là. Mais il faut arrêter.» Pour les Législatives prochaines, le président du mouvement précise que «chacun peut aller voter où il veut». «Notre mouvement ne sera jamais un parti politique, mais nous voulons que les jeunes soient debout pour construire leur pays», conclut Boubacar Camara.
bgdiop@lequotidien.sn

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