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Le transfert de la propriété privée à la Nation a longtemps été là pour aider, accompagner ou redresser les entreprises nationales. Cette réappropriation des ressources par l’Etat au sein de la société a longtemps permis aux entreprises d’en tirer des bénéfices et de trouver leurs places sur le marché.
Je ne vais pas détailler ici les avantages de cette mesure politique qui est la nationalisation ou l’étatisation tels que l’accroissement du patrimoine et de la puissance politique, la planification économique, l’intérêt national ou le soutien économique. Je vais juste montrer ses limites chez des pays sous-développés comme les nôtres qui ont surtout besoin de stratégies compétitives pour progresser. Mais qui dit nationalisation dit aussi socialisme. L’histoire politique de certains Etats de grande et petite démocratie le montre assez suffisamment. En revanche, ce rapprochement exclusif entre socialisme et nationalisation, longtemps attribué à ces deux notions, naguère existe aujourd’hui. Les réalités actuelles ont fait qu’on peut voir des gouvernements socialistes ou non socialistes pratiquer les privatisations pour la seule et unique raison de faire avancer leurs projets politiques. Alors, devrons-nous encore privilégier les nationalisations ou les privatisations ?
Attardons-nous un peu à la notion de la «nationalisation» ! On voit que cette mesure qui vise à sauver certaines entreprises peut néanmoins freiner les investissements locaux ou étrangers. Et l’expérience montre que les erreurs perpétuelles ou le mauvais management des entreprises nationalisées peut entraîner des pénuries et une détérioration de la qualité des services offerts. A l’heure actuelle où le capitalisme est devenu quasi omniprésent et où nos pays connaissent une lente progression dans divers secteurs, où beaucoup de jeunes n’osent pas entreprendre, pourquoi ne pas finir avec la nationalisation ? Penser à laisser de la place aux jeunes entreprises innovatrices en cherchant très fortement la sécurisation de leurs biens serait une bonne chose pour l’avancement de la société, surtout dans des secteurs comme le tourisme ou les médias, où l’investissement est risqué au Sénégal et nécessite de nouvelles compétences. Mais devrons-nous nous inquiéter, nous Sénégalais, vu comment fonctionnent les privatisations chez nous aujourd’hui ? Sommes-nous touchés par les pouvoirs des grandes multinationales étrangères ou par la privatisation à tout prix que l’Etat entreprend ?
Pourquoi vouloir privatiser à tout prix au Sénégal ? Est-ce que les privatisations sont une bonne chose pour le pays ? Pourquoi semble-t-il être toujours nécessaire de faire appel à la main-d’œuvre étrangère ou à de fortes multinationales étrangères qui arrivent et repartent avec des bénéfices énormes ?
L’histoire de la société téléphonique Orange, l’histoire récente avec les entreprises Veolia et Suez pour la gestion de l’eau au Sénégal, la conception et la réalisation du projet de Train express régional (Ter) par une multinationale française avec ses filiales. Toutefois, ma crainte n’est pas le fait de signer des contrats avec des entreprises privées venant de l’extérieur, mais savons-nous exactement ce qui est marqué dans les cahiers de charges des contrats signés avec ces entreprises ? Sans doute, le Sénégalais va encore subir les terribles conséquences. On sait tous que ces entreprises vont nous laisser des bénéfices maigres et nous imposer à la fois un pouvoir d’achat que tout le monde ne pourrait pas se permettre. Pour moi, on aurait bien su faire autrement avec également l’exploitation du gaz et la construction de la nouvelle ligne ferroviaire en cherchant à former d’abord de façon accélérée des ressources humaines sénégalaises pour ces exploitations. L’Etat du Sénégal aurait dû y penser. Personnellement, je me méfie des monopoles sans concurrence. Mais à l’état actuel des réalités dans le monde, il faut rimer à la fois privatisation, nationalisation et également la concurrence, en mettant devant l’intérêt des Sénégalais.
Néanmoins, la nationalisation pourrait être vue par certains comme étant une mesure de primes à la médiocrité, cherchant à sauver certains groupes en difficulté même si elle permet, pour d’autres, la sécurisation de certains emplois dans des secteurs clés de l’économie. Mais en même temps, la privatisation qui ne tue pas les ressources doit être une arme politique. Plus on privatise intelligemment plus les entrepreneurs locaux ont la chance de développer et d’innover. Dans notre pays, l’accueil des multinationales dotées de grandes capacités financières doit être mené avec stratégie. L’Etat ferait mieux en aidant les jeunes à s’engager plus dans l’auto-entrepreneuriat ou dans les start-ups et en formant les enfants aux nouveaux métiers qui concernent directement le pays dans des nouveaux secteurs qui deviennent les nouvelles ressources comme le gaz et le pétrole, internet et l’intelligence technologique.

BA Alpha – Ecrivain

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