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Avec le recul, ces quelques mots ont quelque chose de diablement prémonitoire. Presque énonciateurs d’une victoire à venir. Soufflés du bout des lèvres pendant un simple match de saison régulière en novembre dernier, ils viennent de Kobe Bryant. Lui l’enfant de la maison californienne, quintuple champion avec les Lakers, qui profite d’un temps-mort pour encourager son successeur, Lebron James. «C’est ton année, gagne ce titre…», avait-il chuchoté à l’oreille du King.
A l’époque déjà, cette déclaration avait eu du poids, symbolisant le passage de témoin définitif entre les deux légendes. Depuis la funeste journée du 26 janvier 2020 et le tragique accident qui a coûté la vie à Kobe, elle est presque devenue mythi­que.
Poussé, exhalé par une ombre invisible mais tellement perceptible, Lebron James a saisi le flambeau tendu par Bryant. En mission, leader de Lakers revanchards, il a évincé les éventuels adversaires un à un. Et ce dimanche, en triple-double, il a parachevé le travail face à un Heat lessivé mais plus coriace que prévu (4-2).
Grâce à ce titre, le King marque encore un petit peu plus l’histoire Nba de son imposante empreinte. Premier joueur de l’histoire à gagner trois Mvp des finales avec trois équipes différentes, il se rapproche, panier après panier, match après match, du sillage de Michael Jordan. Après la cérémonie, c’est un Lebron James soulagé, presque serein qu’on a retrouvé à l’interview. «Le décès de Kobe nous a encore plus rapprochés. On était en mission», clamait-il. Un sentiment partagé par l’ensemble des Lakers. Rajon Rondo, meilleur ennemi de Kobe Bryant à la fin des années 2000, disait que depuis des mois il voulait gagner «pour Kobe».
Pour Kobe. Dans les ruelles de Los Angeles, noires de monde après la rencontre, les supporters, eux, s’égosillaient d’euphoriques «Kobe, Kobe, Kobe». Comme pour boucler la boucle, rendre un dernier hommage à leur légende et brillamment fermer la dernière page d’une saison décidément pas comme les autres. Et au-dessus de la ville, dans la nuit noire de Los Angeles, une étoile semblait scintiller plus fort que les autres. Celle du Black Mamba, observant la scène, serein, souriant, fier du travail accompli par ses Lakers et enfin prêt à se reposer en paix.
Avec Rtbf.be

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