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Condamnée en pre­mière instance par le Tribunal d’instance de Rufisque à 5 mois de prison ferme pour le délit de vol de bijoux de sa maman, la prévenue Ndèye Marème Ndiaye était hier devant la Cour d’appel de Dakar. Le Parquet général a demandé la confirmation de la peine alors que la défense a plaidé l’infirmation de la condamnation. Le jugement sera rendu le 15 avril.

Ndéye Marème Ndiaye avait vendu les bijoux volés à sa maman au bijoutier, Serigne Mor Wade. Elle a été condamnée en première instance à une peine d’emprisonnement de 5 mois ferme. Elle et ses acolytes doivent payer solidairement à la partie civile, Binta Guèye, la somme de 10 millions de francs Cfa. En effet, c’est cette décision prise par le Tribunal d’instance de Rufisque, qui a fait l’objet d’un appel. Ce lundi, devant la Cour d’appel de Dakar, elle a reconnu sans ambages son forfait. D’ailleurs, elle n’a jamais varié dans ses déclarations. Alors, la fille de la victime a assumé avec responsabilité avoir dérobé entre autres 9 boucles d’oreilles, 11 bagues, 4 colliers dans le coffre de la maman, confié à une de ses sœurs. Mais Ndèye Marème a mouillé son «ami» Thierno Gnignue en l’accusant d’être l’instigateur du vol. D’après ses déclarations, elle a fait la connaissance du sieur Gnigue à travers un groupe WhatsApp et que celui-ci lui conseillait sur beaucoup de choses. Revenant sur l’or volé, la prévenue a avoué s’être rendue trois fois chez le bijoutier. Et lors de la première opération, elle était en compagnie de Thierno Gnigue qui l’aurait présenté à Serigne Mor Wade comme étant sa sœur. Thierno Gningue a acheté les bijoux à 752 mille francs Cfa avant de la mettre en rapport avec d’autres bijoutiers lorsqu’elle s’est présentée pour une troisième fois. A chaque fois, Thierno recevait sa part.
Interrogé, le bijoutier reconnaît avoir commis une erreur en acceptant d’acheter sans trop réfléchir sur la provenance réelle de la marchandise. Par exemple en demandant des factures qui prouvent que ce sont ses biens. Cependant, il a dit aussi avoir eu confiance en elle parce que connaissant Thierno (Gningue) qui l’accompagnait. «Je ne suis pas un complice. Je n’ai jamais été instigateur», a clamé Thierno Gningue.
Ses avocats ont sollicité l’infirmation du jugement et le renvoi de leur client des fins de la poursuite. Pour Me Abdoul Aziz Djigo, avocat de Thierno Gningue, «la fille a fait comprendre à son client que les bijoux lui ont été offerts par sa maman en Italie. C’est tout logiquement qu’il l’a crue. Il n’est pas receleur. Parce qu’il n’avait pas conscience que l’or n’appartenait pas à la fille». Selon la défense, la partie civile n’a pas aussi rapporté la preuve que la valeur des bijoux en question est de 20 millions de francs Cfa. Et de l’avis de Me Diabel Samb, conseiller de Serigne Mor Wade, son client a agi non pas en professionnel mais en bijoutier informel et que rien ne montre dans le dossier qu’il a agi sciemment. Il a plaidé l’infirmation. L’Avocat général pour sa part a demandé la confirmation de la décision dans toutes ses dispositions. Pour lui, la culpabilité des mis en cause ne souffre d’aucun doute. Me Aboubacry Barro de la partie civile a appuyé le réquisitoire dans sa plaidoirie en demandant la confirmation de la condamnation initiale. L’affaire a été mise en délibéré au 15 avril.
msakine@lequotidien.sn

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