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Pour inaugurer la série de projections qu’elle organise durant le Ramadan, l’Association Ciné-banlieue a projeté ce samedi le film de Yoro Mbaye «Journée noire». L’émotion était palpable partout dans la salle où l’on a rendu hommage aux étudiants sénégalais martyrs.

La cour de Ciné-banlieue était trop petite pour accueillir les spectateurs curieux de découvrir ce film qui traite d’un sujet d’actualité. Des universitaires, acteurs du monde cinématographique, amis du réalisateur et ceux des acteurs, journalistes, invités à visionner le film, ont été transportés à l’intérieur du film et glissés au sein de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. A travers Ngoor, le personnage principal, brillant étudiant tué par des policiers lors d’une manifestation, Yoro Mbaye plonge les spectateurs au cœur de la vie estudiantine. Une belle séance cinématographique avec beaucoup d’émotions dans cet espace, transformé en salle de cinéma. Ce qui lui a valu une interminable ovation du public. Beaucoup se reconnaissent dans cette intrigue. Ce film qui raconte les pénibles conditions de vie des étudiants sénégalais et les bavures policières est un récit contemporain.
«J’ai fait mes études de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). L‘année où Balla Gaye est mort, j’étais là-bas. Lorsque Yoro Mbaye est venu me voir avec ce scénario, j’ai tout de suite été touché. Donc, je me suis dit que je vais l’accompagner pour produire ce film», a déclaré Souleymane Kébé, le producteur. Un agent de l’Etat, Coumba Ndoffène Ndiaye, a aussi été très touché par le film. «Au début, je n’avais pas beaucoup d’attente. Finalement, j’ai été très agréablement surpris par la qualité de ce court métrage. Ce que je trouve plus important, c’est le message qu’on a véhiculé pendant cette dizaine de minutes. C’est émotif. C’est d’actualité.  Ça révèle l’importance du cinéma dans nos sociétés», a-t-il souligné. Il ajoute : «Nous avons des jeunes qui sont dans les universités pour apprendre. Ils demandent juste le minimum. Ils ont laissé leur famille pour aller à l’université. Mais quand ils sortent pour manifester parce qu’ils sont restés plus de trois mois sans recevoir leur bourse, ce n’est pas parce qu’ils aiment la violence. Ils veulent juste être écoutés. Que le gouvernement sache qu’il y a des étudiants qui doivent assurer le lendemain de notre République, qui veulent apprendre et qui ne demandent pas beaucoup ! C’est très disproportionné de tirer sur des étudiants qui n’ont que la pierre face à des gendarmes qui sont surentraînés et qui ont les moyens de faire face», déplore-t-il.

Un tournage difficile
Les difficultés n’ont pas manqué pour réaliser ce film. «Ce n’était pas facile d’avoir l’autorisation de tourner le film à l’université. Il y a un protocole à respecter, mais je croyais à mon projet. Et je tenais à le faire coûte que coûte. J’étais également patient parce que je me disais que même s’il fallait aller en dehors du Sénégal, dans la sous-région, j’allais le faire. Mon producteur aussi me donnait beaucoup de courage», souligne le réalisateur Yoro Mbaye qui se dit très heureux. Il est tombé amoureux de son propre film. «Je suis satisfait du fait que tout le monde soit mobilisé pour venir me soutenir, notamment les étudiants de Ciné-banlieue. Et personnellement, le film me plaît moi aussi.»
Journée noire est un hommage aux étudiants Balla Gaye, Bassirou Faye et Fallou Sène, tous assassinés lors de manifestations estudiantines. Il a été selectionné au Festival Vues d’Afrique au Canada.  En outre, le jeune réalisateur Yoro Mbaye a réussi à avoir une formation à la Femis qui lui permettra de parfaire sa compétence en réalisation et en production.

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