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L’ancien footballeur international, Ababacar Diop dit Bouba Dia­khao, a tiré sa révérence dans la nuit du jeudi au vendredi à Thiès. C’est un pan du sport thiessois qui s’effondre.

Thiès est en deuil avec la disparition de l’ancien international Bouba Diakhao, à l’état civil Ababacar Diop. Décès survenu dans la nuit du 24 au 25 août 2018. Le «Prince de Thially» repose désormais au cimetière du quartier Diakhao.
Né le 8 février 1931 à Pire, l’homme n’a connu qu’un seul club dans sa carrière, le Club olympique thiessois (Cot), créé en 1948. Ababacar Diop de son vrai nom a fait ses armes dans le mythique terrain caillouteux du quartier Thially. Ses prestations de hautes factures lui valurent le sobriquet de «Prince de Thially» qui lui a été attribué par le célèbre reporter sportif le plus doué de son temps, Alassane Ndiaye dit «Allou». Et selon Cheikh Fall, quand «Allou» le surnommait le «Prince de Thialy», c’était plus pour son fair-play, sa rigueur dans le jeu, son comportement fait d’élégance que pour son statut de défenseur percutant et de capitaine exemplaire du Cot de l’époque. Une équipe qui l’a façonné et revigoré.
Bouba a porté le brassard et mouillé le maillot de cette équipe thiessoise avec audace et opiniâtreté. Ce courage et cette générosité dans l’effort, hélas n’ont jamais permis à Bouba Diakhao d’embarrasser dame Coupe du Sénégal. Qu’elle justice des dieux du football !
Pourtant, Bouba et ses coéquipiers étaient très proches du but. D’abord en 1964 face à Ouakam ou encore en 1965 face à l’Us Gorée. Ces deux finales âprement disputées ont été malheureusement perdues par le Cot. Le «Prince de Thially», plus virevoltant qu’un perroquet déchaîné, n’a pu sauver ce qui pouvait l’être. Le héros rentre à Thiès sans la coupe.
«Mais c’est cela le destin. La légende n’y peut rien. N’empêche, ce génie, toujours fair-play, même au plus fort de l’injustice dans le jeu et sur le terrain, ne s’est jamais départi», poursuit M. Fall qui fera remarquer : «Pour lui, le football reste un jeu et c’est tout. Le ‘’Prince de Thialy’’ est ainsi. Il avait l’intelligence de résoudre toutes les équations posées par le jeu. Il défendait bien, attaquait quant il le fallait et s’imposait dans son rôle de capitaine.»
Titulaire dans l’équipe de la Fédération du Mali qui regroupait le Sénégal et le Soudan à la fin des années 50, Bouba a disputé le tournoi de Tananarive. Après les indépendances, il est encore de la première Equipe nationale du Sénégal qui a pris part à la première édition des Jeux de l’amitié à Abidjan en 1961. Deux ans plus tard, Bouba Diakhao remporte le trophée des Jeux l’amitié à Dakar après une belle victoire face à la France (2 à 0).
Hier, une foule immense a bravé la forte canicule après la prière de 14 heures pour rendre un vibrant hommage au prince du football thiessois et sénégalais.

Le dernier cri du cœur de Bouba Diakhao : «Ma Nation m’a pénalisé»
«Bouba Diakhao est un homme simple, modeste et qui aime le sport. N’allez pas plus loin. J’ai fait de la boxe et de l’athlétisme. J’ai marqué ma vie dans le football sénégalais. Un football qui est malade. Le vrai sportif ne triche pas. Il y a une manière de sélectionner quelqu’un si nous voulons redresser le football sénégalais (…). Les footballeurs sénégalais sont les meilleurs en Afrique, mais ils ne peuvent réussir. Moi je n’ai rien gagné dans le football. Le foot sénégalais a reculé et ma Nation m’a pénalisé».
nfniang@lequotidien.sn

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