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A 86 ans, Manu Dibango, saxophoniste hors pair, quitte la scène musicale. Après s’être illustré sur beaucoup de grandes scènes musicales du monde et marqué de son empreinte la soul, la world music, le jazz, etc, le grand artiste camerounais a tenu son ultime concert hier, emporté qu’il est par le coronavirus, après avoir été infecté il y a quelques jours.

Immense fut l’artiste, grande est la tristesse qui habite les cœurs de ses fan à l’annonce de son décès, ce mardi 24 mars 2020. Ainsi, Manu Dibango n’a pas gagné sa dernière bataille. Il n’a eu raison de la faucheuse lorsqu’il assurait son ultime concert. Parce qu’ayant tout simplement rendez-vous avec la mort. Et le virus qui emporte pas mal de monde, dans sa vague funeste et macabre depuis le mois de décembre 2019, ne lui a pas laissé livrer sa dernière scène musicale. Depuis hier, le monde pleure un virtuose du saxo. Un maître, dira-t-on. Un leader de la culture et de la musique africaines. Un baobab de la musique pour étendre les qualificatifs. C’est que l’artiste camerounais était un musicien hors pair. Et beaucoup étaient très loin de s’imaginer qu’il quitterait aussi vite ce bas monde.
Né à Douala, au Cameroun, en 1933, son initiation à la musique s’est faite quand il fréquentait le temple protestant, où sa mère dirigea une chorale. Mais aussi écouter des disques français, américains et cubains sur le gramophone familial a contribué à bâtir en lui une âme de musicien. Son certificat d’études obtenu, Manu Dibango rejoint la France afin d’y poursuivre sa scolarité, avec trois kilos de café dans sa valise pour payer ses premiers mois de pension, raconte-t-on.
L’artiste camerounais a été un grand témoin et un grand acteur des révolutions musicales dans le monde, au cours des soixante dernières années. Le succès obtenu en 1973 avec Soul Makossa  finit par faire de lui l’un des pères fondateurs de la world music.
Autres grosses performances musicales du célèbre saxophoniste : l’exploration de nouveaux sons, l’intérêt pour le reggae, la salsa, ou le hip-hop. Ce qui ne manquera pas de donner, en 1984, naissance à l’al­bum Surtension.
Touré Kunda, Youssou Ndour, Papa Wemba, Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Manu Katché constituent une liste de collègues artistes qui, en 1992, ont participé à la réalisation de l’album Wakaafrica.
Il était l’auteur de la musique du film d’animation Kirikou et les Bêtes sauvages. Et avait continué, à plus de 80 ans, à tenir une soixantaine de concerts par an dans le monde.
Une de ses initiatives les plus marquantes demeure le fait d’avoir réuni sur le titre Tam Tam pour l’Ethiopie, de nombreux grands noms de la musique africaine avec comme but de récolter des fonds pour la lutte contre la famine qui s’était installée au pays de Haïlé Selasié.
«Je suis un musicien hybride à cheval sur deux mondes», n’avait-il eu de cesse de dire. En se confiant récemment au magazine français Paris Match, il soutenait : «Je suis tellement bien sur la route. C’est ça la vie ! Un plaisir que tu ne peux acheter.»
Entre autres distinctions obtenues par le talentueux et généreux musicien, l’on retient : commandeur des Arts et Lettres en France, artiste de la paix pour l’Unesco, etc.

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