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Après avoir parcouru beaucoup de zones en conflit, le journaliste Amadou Mbaye Loum, 68 ans, repose désormais au cimetière musulman de Yoff.

A la levée du corps de Amadou Mbaye Loum hier, son visage se confond dans une mélancolie silencieuse qui allume son frêle spleen. Taille mince, moulée dans un grand boubou vert, Mame Birame Mbengue peine à contenir ses larmes qui inondent ses yeux, recouverts de lunettes noires fumées. L’atmosphère funèbre de la morgue de l’hôpital Principal de Dakar, pleine à craquer, ajoute une couche douloureuse à sa tristesse. «C’est une grande perte pour la famille», soupire-t-elle, des trémolos dans la voix. Ambiance insoutenable. Dans la sobriété, hommes de médias, artistes, proches du défunt et militaires accompagnent l’ancien journaliste de la Rts dans sa dernière demeure. Les pas fermes, six militaires, tel un cérémonial digne d’une solennité requise dans l’Armée, déposent la dépouille dans l’ambulance mortuaire. Direction le cimetière musulman de Yoff. Un quidam berce la tranquillité ouatée des lieux par la récitation des versets du Coran. Le chagrin s’empare des visages tandis que des larmes s’extirpent des yeux des plus émotifs.
Pour un homme qui, pour la plupart de sa vie, a côtoyé les hommes en tenue, la présence massive de Forces de l’ordre rappelle un sentiment de devoir de ce corps à l’égard du disparu. «Au nom du président de la République Macky Sall, et sous sa permission, nous lui rendons un vibrant hommage et prions pour le repos de son âme. Amadou Mbaye Loum fut un journaliste, un professionnel auprès des Armées, un homme humble et éminemment bon», souligne Dr Augustin Tine, ministre des Forces armées.
Le défunt, de l’avis du ministre, laisse derrière lui une «empreinte indélébile» et «a su porter auprès du public tout ce qui est bon du côté des Forces armées». Regard consterné et assis juste à côté du cercueil, le directeur général de la Rts rappelle avoir connu feu Amadou Mbaye Loum avant le Cesti. «Après sa retraite administrative, il a été encore plus actif. Et à mon arrivée à la Rts, c’est avec beaucoup de plaisir que je l’ai suivi retracer le retour du Président de la Gambie Adama Barrow dans son pays», regrette Racine Talla.

«Une incarnation des valeurs professionnelles et humaines»
Ancien collègue du défunt, Ahmed Bachir Kounta se joint aux témoignages : «Loum est une incarnation des valeurs professionnelles et humaines. Avec lui est disparu un modèle. Nous pensons que les germes qu’il a semés dans la jeunesse vont éclore. Ce sont des germes de valeur et de vertu.»
Amadou Mbaye Loum, 68 ans, n’était pas uniquement respecté au sein de la presse et dans l’Armée. L’artiste Youssou Ndour  retient «un très grand journaliste qui a toujours été utile à la Nation, la jeunesse et l’Armée. Lui, Chérif El Walid Sèye, Cheikh Mbacké Guissé, Sadikh Mbodj… ont été mes grands qui m’ont conseillé lorsque je voulais faire une carrière solo dans la musique».
Au nom de la famille, Abdourahim Seck a clôturé l’oraison funèbre par une prière : «Mbaye Loum a circulé avec l’Armée dans beaucoup de pays où il y avait la guerre et rien ne lui était arrivé. Donc, nous demandons au Tout-puissant, qui l’a toujours protégé, de l’accueillir dans son Paradis.»
bgdiop@lequotidien.sn

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