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La médiation des dirigeants de la Cedeao n’a pas réussi à faire revenir Jammeh sur ses positions. Ils quittent Banjul sans accord et vont rendre compte à la Confé­rence des chefs d’Etat samedi à Abuja.

GAMBIE – Négociations pour son départ du pouvoir : Jammeh pas d’accord avec la Cedeao 

La mission de la Cedeao n’a pas désarmé Yahya Jammeh. Après un long huis-clos au State house, la Présidente libérienne a annoncé qu’il n’y a pas encore d’accords avec le Président sortant qui campe donc sur ses positions de confisquer le pouvoir. En d’autres termes, les chefs d’Etat ouest africains, composés du Nigerian Muhammadu Buhari, du Ghanéen John Dramani Maha­ma et du Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma et de la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, n’ont pas réussi à dégager les nuages qui menacent la transition à Banjul. Même si les négociations se poursuivent pour essayer de trouver un compromis.  «Nous ne sommes pas venus pour un accord, nous venons aider les Gambiens à organiser la transition. Ce n’est pas quelque chose qui peut aboutir en un seul jour, il faut y travailler», a déclaré à la presse Mme Sirleaf dont les propos ont été rapportés par Bbc/Afrique. Elle soutient ensuite que Yahya Jammeh, leur a «exprimé certaines préoccupations». Sans entrer dans les détails. Après ce rendez-vous, la délégation va rendre compte aux autres chefs d’Etat de la Cedeao samedi prochain à Abuja au Nigéria. Selon Bbc/­Afrique, Ellen Johnson Sirleaf a assuré ne pas être déçue puisqu’elle pense que la démarche va fonctionner en soutenant «que tous les interlocuteurs de la délégation s’étaient engagés en faveur de la paix et de la stabilité en Gambie».
En attendant, Yahya Jammeh multiplie les actes de provocation pour faire prolonger le dilatoire. Selon l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (Aprc, au pouvoir) la Commission électorale «n’a pas correctement compilé les résultats» et beaucoup de ses partisans «ont subi des intimidations qui les ont empêchés de voter». Il a saisi hier la Cour suprême pour dénoncer des cas de fraude. Evidemment, il veut juste retarder l’échéance de son départ du pouvoir parce qu’il sait que  la haute juridiction n’existe que de nom après qu‘il a limogé tous les juges (4) à l’exception du Président. C’est ce qu’on appelle être pris à son propre piège. Car, il n’existe aucun autre mécanisme juridique pour vider ce contentieux électoral.
Par ailleurs, la Police a encerclé hier le siège de la Com­mission électorale indépendante (Iec), situé à Banjul poussant son président à dire qu’il craignait désormais pour sa «vie». Bref, le temps et les pressions internationales n’ont pas convaincu Jammeh à reconsidérer sa position de confisquer le pouvoir après qu’il a félicité son challenger dans la nuit du 1er décembre. En effet, Jammeh  continue d’avancer sans entrave dans son enclave après avoir réussi à retourner le chef d’Etat-major général des Armées.
 bsakho@lequotidien.sn

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