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Le secteur du nettoiement à Dakar risque de connaître des remous prochainement. Les travailleurs membres du Syndicat national des travailleurs du nettoiement (Sntn) menacent de déposer un préavis de grève. Ils s’insurgent ainsi contre la volonté du gouvernement d’entretenir le flou sur les conditions de liquidation de la défunte société Ama-Sénégal. Ils réclament également l’application de la convention collective signée depuis juin 2014.

Le Syndicat national des travailleurs du nettoiement (Sntn) menace de déposer un préavis de grève. Le secrétaire général dudit syndicat, Madany Sy, prévient ainsi le gouvernement qui, d’après lui, entretient le flou quant à la liquidation de la défunte société Ama-Sénégal. En faisant le bilan des sociétés en liquidation, le secrétaire général du gouvernement, Seydou Guèye avait omis de parler de la situation d’Ama-Sénégal alors que l’Etat doit toujours aux travailleurs de cette société 2,9 milliards de francs Cfa, note le syndicaliste.
L’Etat a même procédé aux versements de trois avenants selon le syndicaliste. Une somme de 130 millions de francs Cfa a déjà été versée aux travailleurs. Le secrétaire général du Sntn relève aussi que le chef du gouvernement avait demandé à la commission paritaire, mise en place pour permettre aux travailleurs de rentrer dans leurs fonds, de proposer un échéancier à court, moyen et long terme afin de payer la somme restante. «Je ne comprends pas pourquoi Seydou Guèye (Ndlr : le secrétaire général du gouvernement) n’a pas parlé d’Ama-Sénégal», tonne-t-il. Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du nettoiement y voit une manœuvre de l’Etat pour faire oublier le dossier Ama-Sénégal, qui n’a que trop duré d’après lui.
Autre motif du dépôt de ce préavis de grève, la non-application de la convention collective des travailleurs du nettoiement. Ces travailleurs sont placés sous la tutelle de l’Unité de coordination et de gestion des ordures (Ucg) depuis plus de 17 mois, soutient M. Sy, et cette structure logée au ministère de la Gouvernance locale n’a, pour le moment, posé aucun acte qui va dans le sens de l’application de cette convention. Et pourtant, déplore le syndicaliste joint par téléphone, «celle-ci avait fait l’objet d’une signature en juin 2014 entre le gouvernement, la mairie de Dakar et la défunte entente Cadak-Car».
Au lieu de trouver des solutions aux problèmes des travailleurs, l’Ucg «s’est empressée de faire signer aux différents syndicats du secteur un protocole d’accord, genre pacte de stabilité sociale jusqu’en 2018», indique le responsable du Sntn, qui  était le seul syndicaliste à signer sous réserve. Il trouve paradoxal qu’une société, qui gère une phase de transition, puisse signer un pacte de stabilité avec des travailleurs qui ont des contrats à durée indéterminéé.
Pour Madany Sy, «la stabilité réside dans l’application de la convention qui définit le statut du travailleur, gère la carrière et l’avancement des travailleurs». Le syndicaliste, qui ne décolère pas, travaille avec d’autres organisations syndicales du secteur. Ils doivent se réunir dans les prochains jours pour définir une stratégie et faire face au gouvernement, promet-il.
ndieng@lequotidien.sn

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