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Le candidat du Pdns, Mohamed Bazoum, en campagne à Diffa, le 23 décembre.

Selon des résultats provisoires et encore incomplets, le candidat du pouvoir ne devrait pas franchir la barre des 50% des voix nécessaires pour l’emporter dès le premier tour.

Les résultats finaux n’ont pas encore été annoncés, mais déjà le «coup K.o», promis par le candidat du parti au pouvoir, Mohammed Bazoum, a fait pschitt. Un second round semble inévitable pour départager les postulants à la succession de Mahamadou Issoufou, le Président du Niger qui se retire après deux mandats successifs, conformément à la Constitution.
Vendredi matin, selon les résultats de 220 communes (sur 266) annoncés par la Commission électorale nationale indépendante, Mohamed Bazoum, largement en tête, avait recueilli 37% des suffrages. Un chiffre provisoire qui pourrait légèrement se redresser : le vote de plusieurs communes acquises au Pnds, le parti présidentiel, n’avait pas encore été comptabilisé. Il ne suffira pas cependant à changer la donne. La barre des 50% nécessaire à une victoire dès le premier tour paraît désormais hors d’atteinte pour Bazoum.

Mécanique des alliances
En seconde position, Mahamane Ousmane pointe pour l’instant à 17% des voix. Mais le premier Président élu de l’ère démocratique, renversé par un coup d’Etat en 1996, compte sur la mécanique des alliances pour progresser dans l’entre-deux tours. Lui-même a déjà profité du report des électeurs de l’influent parti d’opposition Lumana. Son leader Hama Amadou, dont la candidature a été invalidée par la Cour constitutionnelle, avait en effet appelé à voter pour Mahamane Ousmane. Dans son fief de Niamey, la capitale, la consigne a été entendue : Mahamane Ous­mane a recueilli 135 mille voix, contre 49 mille pour Mohamed Bazoum.
Le jeu des ralliements cependant est un procédé volatile au Niger. Pour qui pencheront les candidats actuellement en troisième (Seyni Oumarou, 9% selon les mêmes résultats incomplets), quatrième et cinquième position (Albade Abouba et Ibrahim Yacouba, autour de 7%) ? Les trois hommes politiques ont été étroitement associés au pouvoir sous Mahamadou Issoufou. Seyni Oumarou, représentant du Mnsd, l’ex-parti unique, a rejoint la majorité présidentielle en 2016. Albade Abouba et Ibrahim Yacouba ont été respectivement ministres de l’Agriculture et des Affaires étrangères, et donc collègues de gouvernement de Mohamed Bazoum, alors ministre de l’Intérieur.

Pacte d’unité de l’opposition
Yacouba est membre de la même coalition que Mahamane Ousmane, il devrait rester fidèle au pacte d’unité de l’opposition. Avec les deux autres postulants, les tractations vont bon train. «Aucun scénario n’est exclu a priori», répètent leurs équipes de campagne. Tout comme avec les 25 «petits» candidats suivants qui, pour certains, en profitent pour faire monter les enchères. L’idéo­logie – ou le programme de gouvernement – n’a aucune place dans ces négociations politiques, reconnaissent sans mal les intéressés. C’est la question des postes et des financements qui domine les discussions. Sur ce plan-là, le puissant Pnds au pouvoir a beaucoup à offrir. «Nous sommes sereins sur les alliances», affirme un responsable de l’équipe de campagne de Bazoum. Le second tour, prévu le 21 février, dira si le parti a péché – ou non – par excès de confiance.
Libération

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