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1 386 : C’est le nombre de migrants décédés cette année en Afrique. Ce chiffre est publié par le projet de l’Organisation internationale des migrations (Oim) sur les migrants disparus sur la base de «données de centaines de témoignages oculaires de décès de migrants en Afrique». Dans son document, l’organisation informe que «les chercheurs expliquent qu’avec ces dernières données en date, le nombre total de décès de migrants confirmés sur le continent est estimé à 6 615 au cours des cinq dernières années». Le document informe que «les nouvelles données ajoutées aujourd’hui au total de 2018 faisant état de 1 014 décès non connus jusqu’ici s’appuient sur des sondages réalisés par l’Initiative du mécanisme de contrôle (4Mi) du Centre sur la migration composite». Toutefois, il est précisé que «les sondages de 4Mi ne représentent qu’une petite partie du nombre total de personnes se déplaçant en Afrique». Ce qui signifie, d’après l’Oim, que «ces milliers de décès sont probablement une sous-estimation importante du nombre réel». Le document renseigne également que «bon nombre des décès enregistrés par le Mmp sont concentrés sur des itinéraires empruntés par les passeurs». Les chercheurs révèlent que «la majorité des décès issus de la migration recensés en Afrique semblent s’être produits en chemin vers la Libye». «Les décès enregistrés depuis 2014 ont lieu principalement dans le désert du Sahara, au nord du Niger, au sud de la Libye et au nord du Soudan», a-t-on fait savoir. Par ailleurs, l’Oim informe dans son document que «les données sur les principales causes de décès indiquent que de nombreux décès de migrants en Afrique pourraient être évités». Les chercheurs partent du constat que «la famine, la déshydratation, la violence physique, la maladie et le manque d’accès aux médicaments sont des causes de décès fréquemment citées par les migrants qui signalent les décès le long d’itinéraires migratoires en Afrique». A cela s’ajoute le fait que «l’implication de passeurs et de trafiquants peut exposer les migrants à des situations très risquées dans lesquelles ils ont peu de possibilités pour se protéger» à cause de leurs compagnons de voyage «qu’ils voient se faire maltraiter».

«Ces données ne représentent que la partie émergée
de l’iceberg»
Autre problème signalé par cette organisation, c’est l’impossibilité «de vérifier l’identité de ceux qui meurent ou la destination vers laquelle ils avaient l’intention de migrer». Selon le document, «les données du Mmp ont identifié 1 275 hommes, 534 femmes et 336 enfants et adolescents, soit moins d’un tiers des 6 615 décès recensés en Afrique ces cinq dernières années». «Outre l’âge et le sexe, peu d’informations sont connues sur cette petite partie des personnes identifiées», a-t-on ajouté. Par contre, souligne le document, «la proportion de migrants qui auraient été témoins de la mort d’un compagnon de voyage est alarmante». «16% des migrants interrogés par 4Mi en Afrique de l’Est en 2018 ont indiqué en avoir été témoins et 12% de ceux interrogés en Afrique du Nord. Un peu moins de 6% des personnes interrogées en Afrique de l’Ouest ont indiqué avoir été témoins d’un décès», a-t-on renseigné. Cette situation fait dire au Dr Frank Laczko, directeur du Centre mondial d’analyse des données sur la migration, que «si l’on considère que les résultats de ces sondages sont les seules preuves de ces décès, il est clair que ces données ne représentent que la partie émergée de l’iceberg et que l’ampleur des pertes humaines reste inconnue». Le document insiste aussi sur le fait que le Mmp «enregistre les décès de migrants qui ont lieu pendant les périples migratoires, ce qui signifie que les décès des personnes dans les centres de détention, de ceux qui sont déplacés dans leur propre pays ou encore dont la mort n’est pas en lien avec leur statut irrégulier dans d’autres pays ne sont pas inclus». Il en est de même des signalements de personnes disparues qui ne sont pas inclus.
dkane@lequotidien.sn

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