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Ce serait l’un des premiers couacs du nouveau régime, si l’âge de la vice-présidente est supérieur à la limite de 65 ans, selon la Constitution gambienne. Le débat fait rage en Gambie. La coalition a rencontré la presse hier, mais n’a pas pu se prononcer sur l’âge de la vice-présidente.

(Envoyé spécial à Banjul) – Ce serait le premier accroc… La nouvelle vice-présidente aurait-elle caché son âge réel ? La question fait débat en Gambie où une partie de la population af­firme que Fatoumata Tambajang Jal­low serait âgée de 68 ans. Jointe par téléphone ce lundi, elle a soutenu qu’elle était «âgée de 64 ans». Si la nouvelle sur l’âge de Fatoumata Tambajang Jallow est confirmée, elle pourrait être révoquée par le Président Adama Barrow qui sera obligé de respecter une disposition scélérate de la Constitution gambienne qui dit que l’âge limite pour occuper cette fonction ainsi que celle du président de la République est de 65 ans. En conférence de presse hier, Halifa Salah clarifiait sur les dispositions constitutionnelles : «Le Président et le vice-président ne doivent pas être âgés de moins de 35 ans. Ils ne doivent pas non plus être âgés de plus de 65 ans.» Sur l’âge réel de la vice-présidente, Halifa Salah explique : «Ce n’est pas mon job. C’est celui qui l’a choisie ou la principale concernée qui pourra vous le dire en toute objectivité.»
Cette disposition avait été prise par le régime déchu pour empêcher une partie des leaders de l’opposition d’alors de briguer la présidence de la République. D’ailleurs, le nouveau pouvoir, d’après son porte-parole, va «réviser cette disposition constitutionnelle parce que tout Gambien qui jouit de ses facultés mentales peut exercer des fonctions étatiques. Rien ne doit l’en empêcher». Face à ce débat sur l’âge de la vice-présidente, le Président Barrow, si on en croit Halifa Salah, va retarder la nomination des ministres pour s’assurer qu’ils ne seront pas contestés au niveau de l’As­semblée nationale, passage obligé pour être confirmé ministre de la Répu­blique. Pour éviter ces impairs, le Président Barrow «va choisir un comité pour vérifier la conformité des informations sur les proposés à la fonction de ministre». Interpellé sur la date de retour du Président gambien à Banjul, Haliffa Salah avance : «Je connais la date, mais ce serait un peu discourtois de la divulguer. Des réglages sont en train d’être faits. Le premier qui serait informé, ce serait celui qui l’a accueilli et ensemble avec la Cedeao le retour sera rendu public.»
Au sujet des élections législatives qui pointent à l’horizon, Halifa Salah se veut prudent sur une liste commune de la coalition au pouvoir. «On n’a pas encore discuté sur ce sujet parce que nous étions préoccupés par l’élection présidentielle et l’installation du nouveau Président dans un climat pacifique sans effusion de sang. Et c’est ce qui a été fait. Le moment venu, nous aviserons», consent-il juste à dire. Face à la presse ce mardi, il est revenu sur l’objectif majeur du nouveau pouvoir qui croule sous le poids de plusieurs urgences. Il dit : «C’est celui de bâtir une nouvelle Gambie où il y aura la démocratie et le respect des droits humains. Un Gam­bien de type nouveau qui va cultiver la paix et la concorde. Nous voulons une Gambie dégagée de toutes les scories de la haine, de l’ethnicisme et de la xénophobie.»
Par ailleurs, Halifa Salah a déploré les attaques de certains membres de la coalition qui s’en prennent aux soldats gambiens qu’ils traitent de tous les noms d’oiseaux. «Ils doivent cesser cela comme l’a suggéré le Président Barrow», a-t-il martelé.

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