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«Au gré de l’actualité» : émission mensuelle de Radio Sénégal. Elle avait comme invité le 29 juin dernier le Professeur Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Sans langue de bois, il a répondu à toutes les questions posées par les confrères de Radio Sénégal et annoncé des réformes importantes, notamment celle liée à la nomination des recteurs.

Nomination des recteurs
Un vent nouveau souffle-t-il sur les universités sénégalaises ? On serait tenté de répondre par l’affirmative. Et c’est un long combat mené par le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) qui est en passe de connaître sa fin avec un début de règlement. Le ministre de l’Enseignement supérieur, invité de la rédaction de Radio Sénégal, a en effet annoncé un changement dans la manière de désigner les recteurs d’université. Un changement qui ne va pas totalement dans le sens voulu et revendiqué de tout le temps par le Saes : l’élection du recteur par ses pairs et non sa nomination par le gouvernement. Le ministre annonce devant nos confrères de Radio Sénégal : «Il y aura des changements notoires dans le choix des recteurs. Il y aura un appel à candidatures. Le ministre annonce que désormais ils seront choisis sur proposition par un comité de sélection sur une liste de trois professeurs titulaires des universités.»
Sur un autre registre, Pr Mary Teuw Niane informe que «le Sénégal disposera pour la première fois d’un réacteur nucléaire de recherche. Désormais, tout docteur peut encadrer jusqu’au niveau Master alors qu’auparavant, seuls les maîtres de conférence et les professeurs étaient habilités à le faire».

Diplômés de santé communautaire : «Le statut toujours en latence»
Il poursuit en soutenant qu’il y avait une erreur de conception pour l’Université Alioune Diop de Bambey (Uadb), parce que les infrastructures n’étaient pas dimensionnées pour être une université. Le ministre informe d’ailleurs que l’Uadb va recevoir 10 mille étudiants d’ici à 2022.
Pour ce qui concerne l’insertion des diplômés de la filière Santé communautaire, Mary Teuw Niane reconnaît que jusqu’à présent il n’y a pas un statut pour ces diplômés alors que toutes les démarches ont été faites avec la saisine des ministères de la Santé et de la Fonction publique.

Ussein : «Nous avons rencontré beaucoup de problèmes»
Interpellé sur l’Université El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack qui aura un campus à Diourbel et dont le démarrage des enseignements était annoncé pour octobre 2017, Mary Teuw Niane dira : «Nous avons rencontré beaucoup de problèmes pour le démarrage des travaux. Il y a eu un premier marché qui a fini par être résilié avec l’approbation de l’Autorité de régulation des marchés publics. Ensuite, les seconds et troisième ont été pris et hier (mercredi 28 juin), parce que c’est des projets clefs à main avec financement, le groupement qui postule pour construire l’université, il y a une première exigence. C’est que 30% doivent revenir à une entreprise sénégalaise, le taux d’intérêt ne doit pas dépasser 3% et il doit y avoir un moratoire d’une à deux années et le remboursement devrait se faire au minimum sur 5 ans. L’entreprise qui construit est adossée à une institution financière.» Et de préciser : «Nous, en tant que ministère de l’Enseignement supérieur, quand nous lançons l’appel d’offres, nous traitons seulement du volet technique. Et quand l’entreprise est éligible, c’est le ministère de l’Economie et des finances qui traite du volet financier et qui valide si l’offre financière est conforme. Le ministre de l’Economie et des finances nous a confirmé que l’offre pour les sites de Fatick et Kaffrine est désormais confirmée. Il nous reste à confirmer pour le site de Kaolack, et j’espère que dans les jours à venir, ce sera fait. Ça c’est la première tranche. Ensuite, on aura la deuxième tranche qui concernera le site de Diourbel. C’est là où on en est aujourd’hui.»

Ensa : «Elle ne va pas disparaître»
Le ministre de l’Enseignement supérieur est aussi revenu sur l’Ecole nationale supérieure d’agriculture de Thiès (Ensa) pour dire que cette institution va continuer à exister. Puisque Pr Niane fait savoir que «c’est une école de haut niveau, d’excellence et qui recrute sur concours les meilleurs bacheliers. Avec la création de l’Université El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack, elle ne va pas disparaître. Elle va monter en puissance parce qu’elle formait 20 à 25 étudiants par année. Actuellement, elle est à 80 étudiants par année.»

Bacheliers : «Le Sénégal, loin de la norme mondiale»
Le nombre des bacheliers dont dispose le pays a été également évoqué au cours des échanges entre le ministre de l’Ensei­gnement supérieur et les journalistes de Radio Sénégal. Mary Teuw Niane note à ce propos : «Le Sénégal n’a pas assez de bacheliers. On n’a pas assez d’étudiants. Le Sénégal doit avoir un nombre de 300 mille étudiants au tour de 2022. Actuel­lement, il est entre 150 mille et 200 mille étudiants». «Le Sénégal est le seul pays francophone en Afrique à disposer d’une Anaqsup. 19 mille étudiants ont été orientés dans le privé. Chaque étudiant coûte environ 100 mille francs par mois. L’édition de manuels pour l’enseignement supérieur a été lancée le 29 juin. La question de la connexion individuelle des étudiants de l’Uvs n’est pas totalement résolue», explique encore le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
badiallo@lequotidien.sn

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