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(Envoyé spécial en Gambie) – La page Yahya Jammeh tournée, les Gambiens s’apprêtent à aller aux élections. Ce sera dans quatre mois. En attendant, l’Etat d’urgence sera levé ce matin et le nouveau gouvernement formé dans les prochains jours.

Les Gambiens retournent aux urnes. Ce sera  au mois d’avril. Ils devront choisir les nouveaux députés. La révélation a été faite par Hallifa Salla, porte-parole de la coalition qui a porté Adama Barrow au pouvoir, lors d’une conférence de presse tenue hier dans un hôtel de la place. Il a aussi annoncé la nomination de la vice-présidente de la Gambie. Il s’agit de Fatumata Tambajang Jallow.
Ce choix, de l’avis de Hallifa Sallah, qui faisait face aux journalistes, est judicieux, «c’est une personne intègre qui a fait ses preuves partout».

FATOUMATA-TAMBADIANG-DIALLO
La vice-présidente de la Gambie, Fatumata Tambajang Jallow, nommée par Adama Barrow.

Une nouvelle vice-présidente bilingue et intègre
La nouvelle vice-présidente est bilingue. Elle parle français et anglais. Elle a été formée à l’Université de Dakar et à l’Université de Nice en France. Enseignante, la nouvelle vice-présidente a été membre du gouvernement de Jammeh en 1994.
Membre active de la Société civile, Fatumata Tambajang Jallow, âgée de 64 ans, est une personne intègre. Elle a milité dans plusieurs organisations de femmes. «Une militante des droits de l’Homme éminente, articulée, passionnée et inspirante qui a participé à l’engagement civil et au militantisme des droits des femmes dans le cadre de la lutte pour le changement démocratique contre le régime dictatorial de l’Aprc de 21 ans. Premier médiateur national pour la création d’une coalition crédible et équilibrée entre les sexes par les partis», lit-on dans son Curriculum vitae.
A ce jour, elle est la seule membre du gouvernement Barrow à être connue, d’après Hallifa Sallah, qui a refusé de révéler le nombre de ministres, qui composeront le gouvernement. Tou­te­fois, il a assuré que tous les partis qui ont composé la coalition seront représentés. Le reste sera composé de technocrates chevronnés. Il s’agira, d’après Hallifa Sallah, de mettre en place un gouvernement composé de personnalités en qui les Gam­biens se reconnaitront.

Etat d’urgence levé ce matin
Interpellé sur l’Etat d’urgence en cours, Hallifa Sallah a révélé qu’il sera levé ce matin après la convocation des députés qui vont statuer sur cela. Sur un éventuel retour du Président déchu, Hallifa Sallah a été clair, «la Constitution gambienne au­to­rise tous ses enfants à circuler librement dans leur pays. Ne pas autoriser un enfant de la Gambie à revenir dans son pays, c’est violer la Consti­tu­tion».
Les accusations de pillage du Trésor public sont revenues dans le propos du conférencier. Haliffa Sallah a voulu être prudent à ce propos en laissant entendre que pour le moment, rien ne le prouve.
Toutefois, notera le porte-parole de la coalition présidentielle, «des investigations seront faites et s’il est avéré que Jam­meh a pris des biens qui ne lui appartiennent pas, des poursuites seront engagées contre lui».

«Ceux qui sont détenus à Mille Two injustement seront graciés»
Revenant sur la libération des personnes détenues injustement, Halifa Sallah de confier : «Les détenus de la Nia, de la police et de l’Armée ont été libérés. Ceux qui sont détenus à Mille Two injustement seront graciés. D’ailleurs, nous sommes en train de faire le recensement.»
Sallah a aussi informé de la reprise du travail dans les différentes administrations, avant d’appeler les Gambiens à cultiver la «paix, la concorde et n’avoir comme seul objectif que de développer le pays». «Il faut mettre de côté les rancœurs. Dans ce pays, il ne doit plus y avoir de problèmes ethniques et fonciers. Les gambiens doivent être unis entre eux. Ce qui est passé est derrière nous. Il ne plus y avoir de place pour  la haine et la xénophobie dans ce pays.  Nous Gambiens devront se réconcilier et respecter nos voisins», recommande-t-il.
Sur la reprise des apprentissages, Hallifa Sallah dira que ce sera pour bientôt. Et pour la présence des soldats de la Cedeao, il a confié que «le Président Bar­row a nommé un gradé de l’Ar­mée qui va travailler en étroite collaboration avec la force d’interposition de la Ce­deao.  Les soldats de la Cedeao ne sont pas venus pour torturer ou maltraiter qui que ce soit, mais plutôt pour pacifier le pays».
Le porte-parole de la coalition présidentielle nie l’existence d’un document paraphé par le Président déchu et le Président Barrow. «Il avait dit au Prési­dent Jammeh  qu’il allait bénéficier des avantages des anciens Présidents comme le dispose la Constitution, mais à part cela, il n’y a rien.» Pour Sallah, Barrow va respecter la séparation des pouvoirs.
Quid d’une nouvelle prestation de serment du président de la République ? Hallifa Sallah informe que des juristes seront saisis pour statuer sur ce cas. Il a annoncé une grande fête pour célébrer le Président Barrow.
A propos de la présence du Président mauritanien parmi les négociateurs alors que son pays n’est pas membre de la Cedeao, Hallifa Sallah dira : «Ce n’est pas seulement la Cedeao mais ce sont les Nations-Unies et l’Union africaine qui ont facilité les négociations et la Mauritanie fait partie de l’Union africaine.»
Interpellé sur la construction future du pont entre le Sénégal et la Gambie, Hallifa Sallah confie : «C’est dans l’ordre du possible, étant donné que les relations entre les deux pays sont devenues plus huilées.»
Au sujet de l’occupation du Palais par le Président Barrow, il faudra attendre quelques mo­ments, «le temps de tout voir». Présentement en Gambie, si on en croit le porte-parole de la coalition présidentielle, des difficultés sont notées au niveau du port et de l’aéroport de Banjul. Il y a aussi des difficultés d’approvisionnement en carburant.

badiallo@lequotidien.sn

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