PARTAGER

Enième plaidoirie de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab). «Si l’Etat allouait au secteur de l’agriculture biologique seulement 30% des 60 milliards de francs Cfa de subvention destinés à l’agriculture, nous pourrons développer ce secteur au point de ne plus avoir besoin d’être appuyés», relève Ibrahima Seck, coordonnateur de ladite fédération, en marge d’un atelier de formation sur le projet «Pro­bio». Pour le producteur bio, «c’est une aberration de dégager une enveloppe de 60 milliards de francs Cfa pour subventionner seulement l’agriculture conventionnelle». Laquelle forme d’agriculture, poursuit-il, «a fini de dégrader les écosystèmes et l’environnement, mais aussi de polluer la nappe phréatique avec l’utilisation abusive d’engrais chimiques de synthèse et de pesticides». Et cela, sans compter, ajoute M. Seck, qu’«elle participe à hauteur de 12 à 30% des émissions de gaz effet de serre dans un contexte de réchauffement climatique» ; d’où la nécessité «de changer de paradigme pour développer une agriculture durable et respectueuse de l’environnement et de la santé animale et humaine».
Pour cela, dit le coordonnateur de la Fenab, «il suffit simplement que l’Etat consente à nous appuyer pendant seulement deux ans pour que nous puissions voler de nos propres ailes et ne plus avoir besoin d’être subventionnés». Mais malheureusement, constate le producteur, «malgré le fait avéré que la Fenab verse annuellement, en termes de taxes et impôts, près de 10 millions de francs Cfa dans les caisses de l’Etat, elle ne reçoit depuis 2008 aucun franc de la subvention allouée à l’agriculture». C’est d’ailleurs tout le sens de la rencontre dans le cadre du projet «Probio» pour «fédérer toutes les forces qui s’activent autour de l’Agri­culture écologique et biologique (Aeb) pour engager ensemble, dans un proche avenir, la dynamique de la souveraineté et de la sécurité alimentaire au Sénégal». Ce, d’autant «qu’au sortir de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19, beaucoup de pays vont se recroqueviller sur eux-mêmes pour la reconstitution de leur économie. Et la conséquence sera la diminution considérable des importations et principalement des produits alimentaires». Toute raison de la dotation en semences alimentaires aux paysans membres de la Fenab «dans le sens de développer une production alimentaire apte à aider le Sénégal à asseoir une autosuffisance et une sécurité alimentaire qui lui permettront de se mettre à l’abri de toute éventualité».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here