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Ç’en n’est pas encore fini de la crise de l’éducation. Après les enseignants, c’est au tour des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale d’observer un mouvement d’humeur. Non content du non-respect du protocole d’accord qu’ils avaient signé avec le gouvernement en décembre 2014, le Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (Siens) a décidé de dérouler son premier plan d’actions. Ils vont bouder tous les examens professionnels dont le Cap. Une grève qui ne va pas plaire aux enseignants candidats à cette épreuve.

Le Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (Siens) franchit le pas. Les inspecteurs ont décidé, à l’issue de la réunion de leur Bureau exécutif national, de dérouler leur premier plan d’actions. Ils vont geler tous les examens professionnels, à savoir le Certificat d’aptitude pédagogique (Cap), entre autres. Ainsi, du 14 au 25 mai, les inspecteurs ne participeront pas à aucun de ces examens, annonce El Cantara Sarr, secrétaire général du Siens, joint par téléphone hier. Une grève qui va à coup sûr impacter la carrière des enseignants, puisque l’obtention du Cap leur permet de passer de la catégorie d’enseignant adjoint à celle d’enseignant titulaire. Le Siens, toujours ouvert à la discussion, invite l’Etat à tenir la plénière qu’il avait promise aux syndicalistes et faire des propositions pertinentes par rapport à leurs revendications. Pour le secrétaire général du Siens, la page de la crise scolaire ne saurait être tournée sans la prise en charge correcte du protocole d’accord signé le 30 décembre 2014. Un protocole d’accord avec des points non respectés et des questions émergentes qui se déclinent en 4 points. Les syndicalistes réclament un cadre réglementaire plus juste. Ils se disent victimes d’une discrimination, car ils sont les seuls cadres de l’Administration à être soumis à un appel à candidatures pour accéder aux fonctions d’inspecteur d’académie, d’ins­pec­teur de l’éducation, de la formation ou de directeur de Centre régional de formation des personnels de l’éducation (Crfpe). Le secrétaire général du Siens dénonce cette procédure «non transparente» du ministre de l’Education nationale qui, selon lui, «choisit et taille le système à sa mesure». «C’est de l’abus de pouvoir qui crée une dérive autoritaire», tonne-t-il. Il réclame la suspension de ce dispositif et son évaluation.
Les inspecteurs réclament également le relèvement de l’indemnité de logement. Ils veulent sortir du forfait et proposent un échelonnement qui, souligne M. Sarr, va prendre en compte les différents corps. Ils réclament aussi le décret qui détermine le montant de l’indemnité de logement des inspecteurs d’académie et dénoncent le reclassement tardif des inspecteurs qui entrave leur avancement, entre autres revendications.
Pour le secrétaire général du Siens, le boycott des examens professionnels est un avertissement envoyé à l’Etat et que la suite de ce combat va dépendre de l’attitude que va adopter le gouvernement après ce premier plan d’actions.
ndieng@lequotidien.sn

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