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Le Réseau national des prestataires du transfert d’argent (Renapta) condamne la violation de la réglementation dudit secteur faite par certains opérateurs avec la complicité des banques. Ces prestataires pensent que l’Etat du Sénégal et la Bceao sont les principaux coupables. Ils exigent à l’Etat de prendre des mesures idoines.

Le Réseau national des prestataires du transfert d’argent (Renapta) est très remonté contre les autorités, certains opérateurs et les banques. En conférence de presse hier, ces prestataires ont dénoncé les problèmes auxquels ils sont confrontés. «Ce secteur-là est en train de mourir parce qu’on ne respecte pas le texte qui le régit. L’instruction 13 de la Bceao est entrée en vigueur depuis mai 2016 et n’a jamais été appliquée. Le Renapta le dénonce depuis 2012», s’est indigné Khalil Ndiaye, président dudit réseau.
Il liste les conséquences «fâcheuses» liées au non-respect de cette règlementation. «Aujourd’hui, les opérateurs sont en train de fermer les boutiques. Récemment, c’était Joni-Joni. Wari est sur la même voie parce qu’ils sont en difficulté de paiement», cogne-t-il.
Le Renapta indexe les autorités et estime que s’ils en sont arrivés là, c’est parce que ces dernières font la sourde oreille devant leurs «incessantes» interpellations pour le respect de ladite réglementation. «Ce texte organise l’activité du transfert d’argent rapide dans notre pays en donnant à chaque acteur un rôle précis», explique Daouda Ndiaye, secrétaire général du réseau.
Il ajoute que l’opérateur crée sa plateforme sécurisée et fonctionnelle qu’il donne aux banques, seules habilitées à donner des agréments à des prestataires formés, sous le contrôle de la Banque centrale qui doit veiller à l’application scrupuleuse de ce schéma, conformément à ce que font les transferts internationaux comme Western union, Ria ou Money gram. «La léthargie de la Bceao, incapable de faire respecter son texte et qui apparaît aujourd’hui comme un machin, est à dénoncer avec vigueur. Une institution de cette trempe, muette devant les comportements des banques qui ont contourné la loi en inventant le rattachement en lieu et place de l’agrément, a fortement contribué à fragiliser un secteur porteur et pourvoyeur d’emplois», condamne M. Ndiaye. Qui estime que «les banques complices pratiquent un jeu dangereux, contractent avec un prétendu prestataire technique qui utilise leurs sigles pour signer avec des prestataires qu’elles n’ont jamais vus. Il n’y a aucun lien direct avec le mandat». Il va plus loin : «Le sous-agent se retrouve à une banque qui perçoit des commissions pour un travail qu’elle n’a jamais fait. Nous considérons que c’est de l’arnaque. Un détournement de fonds et d’objectifs est noté. Les prestataires comme toujours payent les pots cassés. Ce sont plus de 300 emplois directs et 60 mille emplois indirects qui sont menacés.»
Sur ce, le Renapta demande à l’Etat de prendre ses responsabilités pour éviter de donner un mauvais signal aux investisseurs et de se soucier des menaces qui pèsent sur le climat social.
La structure demande également à l’Etat de prendre des mesures contre «ces multinationales comme Orange money, mais surtout Wave, qui font travailler la jeunesse quasi gratuitement avec des commissionnements qui ne garantissent pas l’exercice d’une activité».
Ces agents exigent, en outre, un barème pour garantir un partage équitable pour permettre à ces jeunes entreprises de faire face à leurs charges et de conserver les milliers d’emplois créés.
mfkebe@lequotidien.sn

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