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Ils ont accepté de payer cher pour obtenir des terrains entièrement viabilisés et comprenant toutes les commodités. Pourtant, bien que s’étant acquittés de tous leurs droits, les acquéreurs des terrains de l’Ipres aux Mamelles n’arrivent toujours pas à entrer en possession de ce qui leur avait été promis ; d’où leur colère et la fronde lancée contre le vendeur.

Décidément les terrains acquis aux Mamelles ne finissent pas de faire parler d’eux. Même ceux détachés des terres de l’aéroport et vendus en leur temps par Mbackiyou Faye à l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) continuent de susciter de la controverse. Les acquéreurs de ces parcelles de terrain, qui n’ont pas hésité à casquer une fortune pour se construire un petit havre dans le désordre de Dakar, dans lequel tout serait agencé et harmonisé, commencent à déchanter pour certains. En cause, les retards enregistrés dans certains aménagements infrastructurels et, surtout aussi, des modifications sur certains espaces communs qu’ils découvrent après l’acquisition de leurs terrains.
Pourtant, tout était parti d’une belle idée. L’Ipres, voulant rentabiliser un terrain chèrement acquis auprès de la société Promobilière, demande à la Socabeg de lui trouver des personnes disposées à acheter des terrains entièrement viabilisés et habitables, à un prix minimal de plus de 200 mille francs Cfa le m². Pour ce tarif, les acquéreurs auraient droit au tout-à-l’égout, à une voirie viabilisée, l’eau et l’électricité installées ainsi qu’à des espaces publics de qualité.
Des espaces de jeu sont prévus, ainsi que des terrains réservés aux écoles et aux lieux de prière. Le projet était si tentant qu’au moins une des écoles privées les plus huppées de Dakar a pris une option de s’y installer. Cela déjà constituait par ailleurs une belle opération marketing pour attirer de nouveaux candidats. Et c’est compréhensible. Quand on sort au minimum plus de 50 millions de F Cfa rien que pour acquérir un terrain, on est en droit d’exiger le meilleur de ce que le vendeur est disposé à offrir. Normal donc que l’on se sente assez frustré, dès lors que les travaux d’aménagement enregistrent un gros retard. Aussi bien le promoteur, l’Ipres, que son intermédiaire, la Socabeg, n’ont pas respecté les délais promis pour les travaux.

Assiette morcelée
Les acquéreurs ont attendu, pour certains, plus de 2 ans avant de se voir connectés au réseau électrique. Quant à l’eau et l’assainissement, jusqu’au moment où ces lignes sont écrites, ils sont encore… à l’état de projet. Par ailleurs, ce que certains acquéreurs trouvent inacceptable a été de se voir notifier par la Socabeg qu’une bonne partie de l’assiette réservée aux équipements d’intérêt général, comme les lieux de prière ou les écoles, aurait été morcelée et transformée en terrains à construire. La Socabeg indique avoir pris «des dispositions nécessaires pour informer qui de droit afin que le plan de lotissement autorisé par arrêté… en date du 14 juillet 2015, mentionnant expressément l’existence de ces équipements, soit totalement respecté». Ce qui est une manière de faire comprendre qu’elle n’est pas responsable de ces morcellements. Les membres du Collectif estiment de leur côté que ce morcellement ne sera pas toléré. Ils expliquent avoir payé pour un package qui comprenait aussi bien la viabilisation que les équipements collectifs. Il n’est donc pas question de céder sur un point. «Qui sait, si nous laissons faire, si demain ils ne vont pas transformer les espaces verts en terrains à construire ?», confie l’un des membres.
Cette situation a poussé le Collectif des acquéreurs à demander au cabinet de Notaire de Me Moustapha Ndiaye et associés, qui a enregistré la vente, de geler «tous les montants consignés au titre des contrats de vente, jusqu’à l’achèvement conforme des travaux de voirie, contradictoirement constaté par les parties intéressées, et la mise à disposition auprès des acquéreurs du certificat de viabilité valant permis d’habitabilité».
Le Quotidien a sollicité une réaction officielle de l’Ipres face à cette fronde du Collectif des acquéreurs. Jusqu’à hier dans la nuit, au moment du bouclage, le service de communication nous a demandé d’espérer ladite réaction qui pouvait tomber d’un moment à l’autre. Vainement !

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