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Pour résorber le manque de nourriture pour les alevins, une enveloppe de 160 millions de francs Cfa a été dégagée par l’Etat du Sénégal, en partenariat avec la Banque africaine de développement (Bad), pour la construction d’une fabrique d’aliments de poisson. L’annonce a été faite ce week-end par Mme Téning Sène, directrice générale de l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana), en visite dans plusieurs bassins aquacoles de la région de Thiès qui compte 49 sites. S’exprimant en marge de l’introduction de 10 mille 050 sujets de deux espèces dans un bassin aquacole de Khombole par un promoteur privé, Mme Sène explique que la fabrique d’aliments de poisson à Ndiar, dont les activités vont bientôt démarrer, s’inscrit dans l’option prise ces dernières années par l’Etat d’installer, avec l’appui de ses partenaires, des fabriques d’aliments de poisson qui sont un facteur de production essentiel dans l’aquaculture, mais que le pays doit importer.
En plus de la fabrique de Ndiar, une autre plus grande et devant coûter plus de 300 millions de francs Cfa est prévue dans la région de Saint-Louis. «Tous les contrats sont signés pour que l’entreprise débute les travaux.» Egalement, le pôle aquacole de Sédhiou sera doté d’une fabrique financée dans le cadre du Bci, une autre est déjà installée à Fatick dans le cadre du P2rs, renseigne Mme Sène. «Nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour l‘exploitation de ces fabriques, en partenariat avec le secteur privé.» A l’en croire, «la mise sur pied de ces fabriques au nord, au sud et au centre du pays devrait résoudre le problème de manque d’aliments de poisson qui représente 65% des charges de la pisciculture, mais la difficulté est qu’il est importé et le transport renchérit le coût de production». A ce titre, elle encourage «les industriels de l’aliment de bétail à produire de l’aliment de poisson pour aider à la vulgarisation de l’aquaculture et à l’autonomisation de ses acteurs, à l’image de ce qui se fait dans l’aviculture».
Revenant sur l’empoissonnement de la ferme piscicole de Modou Thiaw à Ndiéyène Sirakh et la dotation à ce promoteur privé d’une tonne d’aliments destinés à ses poissons, la patronne de l’Ana a dit vouloir encourager d’autres personnes à se lancer dans la pisciculture. Ce, d’autant que «la contribution de l’aquaculture est actuellement faible parce que ne produisant que 1 000 tonnes par an au Sénégal». Elle dit : «L’Ana aide ainsi à promouvoir une activité économique que connaissent peu de Sénégalais, la pisciculture, l’élevage des poissons, un secteur d’importance pour le Plan Sénégal émergent.» Une activité qu’elle juge rentable puisque l’espèce cultivée dans la ferme de Modou Thiaw, «le poisson-chat, a une forte valeur commerciale quand il est séché et appelé ‘’guedj yass’’ en wolof et vendu jusqu’à 8 000 francs Cfa le kg». Et de souligner que l’Ana «veut faire en sorte que ce sous-secteur de la pêche puisse générer 35 milliards de francs Cfa par an pendant une décennie, et créer 20 mille emplois». Aussi, Mme Téning Sène a relevé que ledit secteur «contribue également à la satisfaction des besoins en protéine des Sénégalais. Ces derniers tirent 70% de leurs apports en protéine des produits de la mer». Pour simplement dire que «l’aquaculture peut contribuer à notre souveraineté alimentaire, surtout dans un contexte où la pêche maritime semble atteindre ses limites».

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